- Fémin-F1 -
Le saviez-vous ?
omme importante à débourser pour moi. La FIA nous prend au sérieux quand nous
les pilotes on leur parle de sécurité, mais quand on fait des remarques sur d’autres points, là elle ne nous
écoute pas beaucoup.”
Ce à quoi le président Mosley répond savoureusement : “Si on me proposait un boulot à 20 millions d’euros
par an et qu’on me demandait de payer 250.000 euros pour l’exercer, j’accepterais sans hésitation.”
Un peu d'histoire ?
Si l'idée générale d'une super-licence ne gênait pas les pilotes certains points du texte posaient problème car ils réduisaient leur liberté contractuelle : • l'article 1 disposant que les pilotes devaient inscrire la date d'expiration de leur contrat avec leur employeur alors que la "super-licence" n'est délivrée que pour une saison ; • l'article 5 disposant que les pilotes s'engageaient à ne pas faire de tort aux intérêts matériels et moraux ou à l'image du championnat du monde de Formule 1.
Sous la pression des écuries, la plupart des pilotes signèrent le contrat à contre cœur mais le GPDA, emmené par Pironi et Lauda, signifia que les pilotes
demandaient un aménagement du texte ou cela serait la grève. La FISA refusa et menaca de suspendre les pilotes.Ainsi le jeudi matin, jour des premiers essais du grand prix d'ouverture de la saison 1982 à Johannesburg en Afrique du Sud, Pironi entraina tous les pilotes à le suivre dans un hôtel. Tous, y compris Piquet et Patrese les pilotes Brahbam l'écurie de Bernie.
De retour sur le circuit, Didier Pironi tenta de faire changer d'avis Jean-Louis Balestre le président de la FISA. Mais il échoua et la fédération suspendit les 31 pilotes… à vie ! En laissant toutefois une dernière chance : ceux qui se présenteraient le vendredi entre 8h et 9h sur le circuit ne seraient pas sanctionnés.
Malgré quelques dissensions à cause de la pression des patrons d
'écuries, les pilotes décidèrent de faire bloc et de ne pas
céder. Ils passèrent donc tous la nuit à l'hôtel dans un dortoir improvisé. Gilles Villeneuve et Elio De Angelis leur offrant même un concerto improvisé. Seule fausse note : Teo Fabi craquant
sous la pression de son directeur d'écurie se désolidarisa du mouvement en partant en pleine nuit (il fut puni de "sa trahison" en cassant son moteur lors des essais
et ne participa pas à la course).Le vendredi matin, Pironi trouva un arrangement et à 10h tous les pilotes participèrent aux essais comme si de rien n'était mais avec la promesse que le texte serait réexaminé.
Après la course, remportée par Alain Prost, la FISA voulut suspendre les grévistes. La sanction fut rapidement transformée en amende, elle-même réglée par les écuries. Les pilotes du GPDA avaient remporté leur bras de fer.
Commentaires de Didier Pironi quelques jours plus tard dans sa chronique à
Auto-Hebdo :
"Outre la manifestation de notre force et de notre cohésion, ce week-end de Kyalami a eu le mérite de changer notre état d'esprit après notre nuit d'hôtel forcée. Il a suffi d'une trentaine d'heures passées ensemble, dans l'intimité de chacun, pour que les simples affinités sportives soient largement dépassées. Vendredi matin, lorsque nous nous sommes retrouvés sur la piste, l'ambiance était totalement différente. Nous nous connaissions enfin ! Nous allions courir entre amis et non plus entre adversaires étrangers. Un vrai déclic. En tous cas, l'expérience humaine la plus sincère que j'aie jamais vécu."
De gauche à
droite : Webber, Kubica, Coulthard, Alonso et De La Rosales représentants du GPDA à Magny-Cours
Dim 22 jun 2008
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