Vendredi 29 mai 2009
Le miroir aux alouettes
En proposant de plafonner les budgets des écuries à 40 Millions de dollars à compter de la saison 2010, Max Mosley a jeté un pavé dans la marre. Jusqu'alors réservée aux grands constructeurs ou aux milliardaires, la F1 est redevenue attractive pour des équipes plus modestes. Dix structures ont affiché leur intérêt pour cette F1 low-cost. Revue d'effectif:
Depuis des années, les noms de David Richards et Prodrive sont cités quasiment tous les
6 mois pour un retour en F1. Prodrive (célèbre pour ses succès en WRC avec Subaru, et en endurance avec Ferrari puis Aston Martin, marque dont Richards est l'un des actionnaires) avait d'ailleurs
obtenu son ticket d'entrée pour le championnat du monde de F1 2008, mais avait du renoncer faute d'argent et d'un accord quant à l'utilisation d'un châssis client McLaren.Connue à l'origine sous le nom de USF1, puis aujourd'hui de US Grand Prix Engineering (le nom n'est pas définitif), cette écurie américaine est la première à avoir affirmé son intention d'être présente sur les grilles en 2010. Basée en Caroline du Nord, à Charlotte, l'épicentre de la NASCAR, elle est dirigée par l'ingénieur américain Ken Anderson (ancien directeur technique de Ligier) et le journaliste britannique Peter Windsor, team-manager de Williams dans les années 1980. Malgré une importante couverture médiatique, le flou entourant le lancement de cette écurie en février a d'abord suscité un certain scepticisme. Mais selon Windsor et Anderson, le projet avancerait bien et le design de la monoplace 2010 aurait déjà débuté.
Peter Windsor et Ken Anderson, les deux
promoteurs de USGPE
Le Campos Racing évolue dans le championnat d'Espagne de Formule 3. A priori, la marche
pour accéder à la Formule 1 est trop haute, mais ce serait oublier que Adrian Campos, l'homme qui a lancé la carrière de Fernando Alonso, a une idée derrière la tête depuis déjà un certain temps.
Après avoir revenduà l'automne dernier son écurie de GP2 Series, l'ancien pilote de F1 a investi dans la conception d'une soufflerie à l'échelle 40% dans la région de Valencia. Côté finance, même
si Campos a démenti, on parle du milliardaire mexicain Carlos Slim (pressenti cet hiver pour racheter Honda) et de la star espagnole de la NBA Pau Gasol.
Lola Cars et la Formule 1, c'est une longue histoire déjà riche de plusieurs épisodes, pas forcément très glorieux. La
dernière apparition de la marque en F1, lors de la saison 1997, s'était d'ailleurs soldée par un bide retentissant et l'avait précipitée au bord du gouffre, mais le savoir-faire du constructeur
anglais au plus haut niveau n'est pas à démontrer.Basée dans la région de Bilbao, l'écurie Epsilon Euskadi revendique fièrement ses origines basques. Dirigée par Joan Villadelprat, une des personnalité de la F1 des années 1990 (il occupa des responsabilités chez Ferrari, Tyrrell, Benetton puis Prost GP), Epsilon Euskadi a fait ses preuves en monoplace (c'est dans cette écurie que Robert Kubica a été titré en World Series by Renault) mais a également construit son propre prototype, vu notamment aux 24h du Mans, et œuvre de l'ingénieur argentin Sergio Rinland, lui aussi un ancien de la F1.
L'équipe anglaise iSport dispute actuellement le championnat de GP2 Series, où elle a notamment permis à Bruno Senna
de briller. D'ailleurs, s'il parvient à "monter" en Formule 1, le président d'iSport, Paul Jackson, n'a pas caché qu'il aimerait à nouveau faire appel aux services du pilote brésilien, mais cette
équipe ne dispose pour l'instant d'aucune infrastructure pour concevoir ses propres monoplaces.
L'écurie britannique RML (pour Ray Mallock Limited) a déjà fait ses preuves dans de nombreuses disciplines du sport automobile, qu'il s'agisse de l'endurance ou
du tourisme. Actuellement, le RML est notamment chargé de l'engagement des Chevrolet officielles dans le championnat du monde des voitures de tourisme, le WTCC.
Le
Wirth Research Limited est un projet mené par l'ingénieur britannique Nick Wirth qui n'en est pas à son coup d'essai en F1, puisque c'était lui qui avait créé en 1994 l'écurie Simtek. Il a
ensuite été le designer en chef de Benetton, et depuis 3 ans, il est le concepteur des Acura en American Le Mans Series.
Les monoplaces de l'écurie Litespeed, actuellement engagée en F3 britannique, sont
généralement abonnées aux fonds de grille. Retrouver cette structure parmi les prétendants à une place en F1 peut donc surprendre, mais ce projet est mené en collaboration avec la société
d'ingénierie récemment créée par Mike Gascoyne, l'ancien directeur technique de Jordan, Renault et Toyota.
Autant le dire tout de suite, Formtech Gbh n'a aucune expérience dans le domaine de la course automobile, si ce n'est
en qualité de sous-traitant. La firme a fait parler d'elle l'an dernier en rachetant les actifs de Super Aguri, qui en l'absence des moteurs et des monoplaces (propriété exclusive de Honda) se
limitaient aux machines-outils et aux camions.La FIA ayant fixé à 13 le nombre d'écuries acceptées en 2010, il y a potentiellement trois places à pourvoir, peut-être plus si certaines des écuries actuelles, dans le cadre la lutte FOTA/FIA, venaient à quitter la F1. De nombreux déçus en perspectives ? Pas forcément, car si certains projets paraissent avoir les moyens de leurs ambitions, d'autres semblent surtout avoir recherché un coup de projecteur médiatique. Il n'est même pas certain que tous fassent officiellement acte de candidature. Premier élément de réponse dès ce soir avec la clôture des inscriptions, et verdict le 12 juin avec l'annonce par la FIA des écuries retenues.
Par Thibaut
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Publié dans : News générales sur la F1
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Le plus en vue d'entre tous est probablement Romain Grosjean (né le 17 avril
1986). Pilote essayeur du Renault F1 Team depuis l'année dernière, ce natif de Genève (il possède la double nationalité franco-suisse mais court sous licence française) possède déjà un
palmarès bien étoffé avec un titre de champion de France de Formule Renault (2005), un titre de F3 Euro Series (2007) et un titre de GP2 Asia (2008). Auteur d'une première saison en GP2 parfois
brouillonne, mais au cours de laquelle il a su démontrer toute sa rapidité et son agressivité en piste, Grosjean s'annonce comme l'un des grands favoris si ce n'est LE favori de la saison 2009 de
GP2.
En GP2, Grosjean retrouvera sur sa route l'Allemand Nico Hulkenberg (né le 19 août
1987), pilote essayeur Williams, qui lui a succédé en 2008 au palmarès de la F3 Euro Series. Auparavant, "Hulk" avait fait parler de lui en survolant la saison 2006/2007 d'A1 Grand Prix. Les
nombreux kilomètres déjà accumulés sur la Williams témoigne de la confiance que l'équipe de Sir Frank place en lui. Pour faire sa place dans le monde impitoyable de la F1, Nico possède un allié
de choix en la personne de Willi Weber, qui n'est autre que l'ancien manager des frères Schumacher.
Autre pilote essayeur à avoir accumulé un certain nombre de kilomètres en F1, le Japonais
Kamui Kobayashi
Dernier venu au sein de la caste des pilotes essayeurs, le Néo-Zélandais Brendon Hartley
(10 novembre 1989) en est également le benjamin. Avec son regard clair et sa longue tignasse blonde de rock-star, Hartley possède un look atypique qui n'est sans doute pas étranger au
choix de Red Bull de miser sur lui depuis ses années karting. Mais le garçon, dont le caractère timide et renfrogné lui vaut pas mal d'inimitié dans le paddock, est avant tout un redoutable
compétiteur. Vainqueur de l'EuroCup Formule Renault en 2007, et 3e du championnat britannique de F3 en 2008, il sera en 2009 l'un des prétendants au titre de Formule 3 Euro Series. Ambitieux, il
se verrait bien sur les grilles de F1 dès 2011.
Natif de Genève , détenteur de la double nationalité franco-italienne -il parle la langue de
Voltaire sans le moindre accent-, c'est sous les couleurs transalpines qu'Edoardo Mortara (12 janvier 1987) a choisi de faire carrière. Managé par Ange Pasquali (l'ancien
team-manager de Toyota en F1), il s'est révélé en 2008 lors de sa deuxième saison en F3 Euro Series à l'occasion du GP de Pau. Sur le délicat tracé urbain, noyé par la pluie, Mortara a offert une
véritable démonstration de pilotage. Vice-champion derrière Hulkenberg, il a effectué durant l'hiver ses débuts en GP2 dans le cadre du championnat Asia et s'est montré immédiatement performant
puisqu'il est grimpé sur le podium dès sa toute première course. Ses prestations dans le championnat principal de GP2 seront donc à surveiller de près.
Que ce soit en rallye ou bien en monoplace, la filière finlandaise semble décidément
inépuisable. Originaire de Tampere, Mika Maki (27 février 1988) s'est affirmé comme l'une des grandes révélations de la saison 2008. Ce protégé de Red Bull (encore un !) qui avait
remporté en 2007 le relevé championnat d'Italie de Formule Renault a réussi le petit exploit de s'imposer dès sa première apparition dans le disputé championnat de F3 Euro Series. Après des
débuts avortés en GP2 Asia, il a décidé de redoubler en F3, avec cette fois le titre en ligne de mire.
Outre Brendon Hartley, son principal adversaire sera le Français Jules Bianchi (3
août 1989). Ce patronyme n'est certainement pas inconnu de nos plus anciens lecteurs. Dans les années 1960, les frères Lucien et Mauro Bianchi, deux pilotes belges d'origine italienne,
avaient brillé au plus haut niveau du sport automobile mondial. Natif de Nice, Jules Bianchi n'est autre que le petit-fils de Mauro et s'affirme comme le plus grand espoir du sport automobile
français. A seulement 19 ans, Jules a connu un début de carrière météorique marqué par un titre de champion de France de Formule Renault en 2007 et une brillante première saison en F3 Euro Series
en 2008. Cerise sur le gâteau, il s'est imposé lors des Masters de Formule 3 de Zolder, prestigieuse épreuve hors-championnat. Protégé de Nicolas Todt (le manager de Felipe Massa et Sébastien
Bourdais), il sera en 2009 le fer de lance de la puissante écurie ART Grand Prix en F3 et le grand favori du championnat.
Enfin, comment parler des prétendants à un baquet en F1 sans évoquer le cas de Bruno
Senna (15 octobre 1983). Quasiment assuré d'après radio-paddock de devenir le coéquipier de Jenson Button chez Brawn GP, le neveu d'Ayrton s'est fait griller la politesse par le
vétéran Rubens Barrichello. Vice-champion 2008 de GP2 au terme d'une campagne parfois brouillonne mais illuminée par un succès plein d'émotions à Monaco (15 années jour pour jour après le sixième
et ultime succès de son oncle en Principauté), Bruno Senna s'est tourné cette année, faute de mieux vers le championnat Le Mans Series et participera en juin aux 24 heures du Mans sur un
prototype de l'écurie française Oreca. Mais son nom continue à circuler avec insistance dans les paddocks de F1...
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