Hors piste

Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 11:49
Fisico gets the fizzy*
(Fisico en pleine effervescence)


Cela a pu constituer une bonne accroche aux articles de presse parus le 3 septembre 2009, date de l’annonce officielle confirmant Giancarlo Fisichella comme remplaçant de Luca Badoer dans le baquet de la Ferrari F60 n°4 pour la fin de saison 2009. Fisico, comme le paddock l’a surnommé, italien né à Rome en 1973, concrétisait ainsi un rêve d’enfant en devenant pilote pour la Scuderia, emblème de toute une passion automobile à travers le monde, et principalement en Italie.

Fizzy… Tel est aussi le nom de son yacht, amarré habituellement au virage du Bureau de Tabac lors du GP de Monaco, passant presque inaperçu auprès des spectateurs, encadré de bateaux tout aussi imposants, si ce n’est plus. Un yacht qui résume à mes yeux, finalement, tout ce que Fisico laissera à la F1 : l’image d’un pilote talentueux aux yeux avisés des connaisseurs, mais qui restera probablement un nom parmi tant d’autres dans l’histoire. Retour sur un pilote qui aura alterné entre ombre et lumière.


Une étoile qui monte


Après une formation de karting jusqu’à ses 19 ans, suivie de 3 années en Formule 3, dont il sortira titré en 1994, il participe en 1995 au championnat allemand DTM sur une Alfa Romeo, avant d’accéder à la F1.

 

Ses débuts remontent donc à 1996, sur Minardi, écurie d’anthologie qui aura autant marqué les esprits par ses piètres performances en piste que par sa capacité à faire éclore de grands champions. Cette première saison, ou partie de saison, lui permettra, à travers 8 GP, de faire connaissance avec le monde de la F1 et de se familiariser avec les puissantes monoplaces engagées au pinacle du sport automobile. Rapidement approché par l’écurie Jordan,fisico-1 il entamera sa première saison complète en 1997, aux côtés du rookie Ralf Schumacher, sur lequel il prendra rapidement l’ascendant. Plusieurs coups d’éclat, telle sa course à Hockenheim, où une crevaison à l’arrière gauche à quelques tours de l’arrivée le prive de sa probable première victoire au profit de Gerhard Berger, ou sa 2ème place à Spa Francorchamps, attirent l’attention. Lire la suite ...



En 1998, il rejoint l’écurie Benetton, dirigée par le très charismatique Flavio Briatore, où il confirme ses bonnes performances et son potentiel. Avec sa première pole position signée à Zeltweg, en Autriche, l’histoire semble en marche. Häkkinen, Coulthard, Schumacher, Villeneuve, seront-ils bientôt rejoints dans la course au titre par ce nouvel adversaire ?

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Premiers nuages


Non, l’avenir est différent. Jusqu’en 2001, Giancarlo défendra le bleu-vert de Benetton, ne laissant aucun doute sur son statut de pilote n°1 au sein de l’écurie. Ses résultats parlent pour lui. Mais l’aventure le redirige bientôt chez Jordan Grand Prix, suite à un désaccord avec Renault et Flavio Briatore sur les modalités de renouvellement de son contrat. Coup du sort ? Retour à la case départ ? Pas sûr… Car c’est en 2003 qu’il décrochera enfin, à Interlagos, sa première victoire, laquelle semblait s’être dérobée à lui à plusieurs reprises déjà.
fisico-3Une victoire qui n’en a pourtant ni le goût ni la saveur, au vu des circonstances particulières de son attribution. Suite à la violente sortie de piste d’Alonso (sur sa Renault…), les débris laissés sur l’asphalte obligent la direction de course à agiter le drapeau rouge. En l’état, c’est Kimi Raikonnen qui est déclaré vainqueur. Mais finalement, après analyse des temps et du classement à l’entrée du dernier tour, le verdict est modifié, et Fisichella récupère le trophée des mains du Finlandais… quelques jours plus tard !

 


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Si Fisico pâtit du manque de compétitivité de sa monoplace, il sait donc toutefois se rappeler au bon souvenir du paddock au travers de tels coups d’éclat. Fin 2003, il est même élu « Pilote des Pilotes » par ses pairs, preuve qu’une bonne voiture ne fait pas tout, et que le talent de l’homme au volant peut être reconnu malgré une machine moins performante.


Le ciel va pourtant s’assombrir pour le pilote romain. Il passera la saison 2004 avec Felipe Massa, au volant d’une des C23 alignés par l’écurie de Peter Sauber. Là encore, ses courses restent solides, se soldant à 9 reprises par quelques points glanés aux écuries de pointe, dont une 4ème place au Nürburgring, meilleur résultat de l’écurie cette saison. Mais la carrière du Romain semble tout de même mal en point. Au point mort comme qui dirait…


L’heure de la chance a sonné


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Heureusement, le vent tourne lorsque Flavio Briatore lui propose de rejoindre le Renault F1 Team, en 2005, aux côtés du jeune mais prometteur Fernando Alonso. C’est la 9ème saison de F1 pour Giancarlo, et peut-être la plus décisive de son parcours sportif. Il peut enfin jouer la gagne, les poles position et les podiums… A Melbourne, en inauguration de championnat, il écrase la course en signant une victoire que personne ne peut lui disputer. Son bonheur semble sans pareil sur le podium. Sa première victoire selon lui, la plus belle.

 
 
Mais les fans déchantent vite. Est-ce l’âge ? La pression ? La « peur de gagner » ? Quoi qu’il en soit, force est de constater que les GP qui suivent semblent le voir dépérir. Le Fisico des années passées n’est parfois plus que l’ombre de lui-même, devenant rapidement un n°2 contribuant, certes, à décrocher le titre constructeurs, mais surtout un pilote qui paraît ne pas pouvoir jouer dans la même cour que Alonso, Schumacher, Räikkönen, voire Button. A Suzuka notamment, alors que la victoire lui tend les bras, « Iceman » revient sur lui à coups de secondes pleines, et Fisico assiste finalement, impuissant, à son dépassement, à l'entrée de First, par l'extérieur. Briatore ne mâchera pas ses mots à l'arrivée...

Même chose en 2006, où son unique victoire, en demi-teinte, en Malaisie, et quelques (très) belles courses comme à Monaco, n’effacent pas la terrible image d’Interlagos, en clôture de championnat : alors que Schumacher réalise une course sensationnelle, remontant une à une les monoplaces le séparant d’Alonso, il ne fait qu’une bouchée du pilote romain, qui se rate au freinage du « S do Senna » dès que celui-ci approche de ses échappements. Fragile… Voilà donc l’image qu’il donne dorénavant.


Tombée de rideau sur une dernière prouesse sportive


Est-ce le point final d'une carrière pourtant si prometteuse à ses débuts ? La chance est-elle passée ? Il semble que oui. 2007 est un chemin de croix. Seule une superbe 4ème place dans les rues de la Principauté
fisico-6, circuit qu’il affectionne tout particulièrement, viendra égayer sa saison.  Remercié par son écurie pour 2008, il se tourne  alors vers un nouveau challenge, du nom de Force India, alors que certains le voyaient plutôt raccrocher. La pente glissante d’une fin de carrière difficile et anonyme dans une équipe de fond de grille affole les fans. Si 2008 marque le lancement de cette nouvelle écurie, 2009 permet d’en récolter les premiers fruits.

Et Spa Francorchamps offrira à Fisico l’occasion de briller comme rarement il aura pu le faire ces dernières années. Une pole improbable sur ce magnifique tracé de plus de 7 km, et une seconde place le dimanche, décrochée à seulement 9 dixièmes du vainqueur, dont il sera resté dans les échappements toute la course durant, sauront rappeler à tous que Giancarlo Fisichella n’est pas un pilote ordinaire.

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Arrive alors le choix difficile, le dilemme : continuer à courir avec Force India, ou bien rejoindre les rangs de Ferrari pour la fin de saison, en remplacement de Badoer. Dans le second cas, ses chances de se retrouver sur la grille de départ en 2011 ne sont pas assurées. Mais Fisico gets the fizzy. A Monza, il courra en rouge. Un rêve qui se réalise. Près de 15 ans en F1 qui se terminent par ce cadeau, cette chance, cet honneur, cette fierté, de piloter pour et devant les tifosi.


Mais il est maintenant temps d’en finir. Certes, le retour de Sauber à la compétition en 2010 aurait pu constituer une belle opportunité, d’autant plus que cette nouvelle équipe sera motorisée par Ferrari. Mais ce ne sera finalement pas le cas. Cette année, Giancarlo participera aux Le Mans Series (LMS) au volant d’une Ferrari F430 GTC, aux côtés de Jean Alesi et Toni Vilander.  Une sorte de seconde vie automobile, comme tant d’autres l’ont expérimentée fisico-8avant lui. Mais en rouge s’il vous plaît, ce qui n’est pas un détail ! Parallèlement à ces à-côtés, son statut de 3ème pilote Ferrari lui permettra aussi de garder un pied en F1 : « Abu Dhabi fut ma dernière course, ou pas… si je ne trouve pas de place comme pilote pour la saison 2010, je resterai troisième pilote Ferrari, ce qui est déjà super. Etre troisième pilote pour d’autres pourrait être ennuyeux, mais chez Ferrari… » disait-il encore
en janvier dernier.
 
 Le Fizzy restera donc paisiblement dans le port, au milieu d’autres bateaux semblables, ignoré par le touriste de passage, pressé d’approcher les grands paquebots et autres splendides voiliers un peu plus loin. Mais je continuerai pour ma part à m’y arrêter, contemplant toute l’histoire qu’il recèle, me remémorant les grands moments, les frissons, les joies et parfois déceptions qu’il m’aura fait vivre. De grands espoirs qu’on aura tardé à libérer, et qui finalement, défraîchis, auront été coiffés le moment venu par d’autres plus impétueux. C’est la dure loi du sport, et de la F1 en particulier. Et c’est à travers Giancarlo que je l’aurais découvert.fisico-9
Par Nico - Publié dans : Hors piste
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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 12:17
Alex Zanardi
cuore sportivo

Il était l’un des plus brillants pilotes de sa génération. C’est aujourd’hui un exemple de courage. Grièvement blessé dans un accident il y a 9 ans, Alex Zanardi a prouvé qu’on ne pilotait pas avec les jambes, mais avec le cœur. Reconverti depuis peu dans le cyclisme handisport, il vise désormais une médaille aux J.O. de Londres.

8 Septembre 1996. Un éclair rouge dans le ciel de Laguna Seca. Bryan Herta semble avoir course gagnée, à quelques hectomètres de l’arrivée du Grand Prix de Monterey, dernière manche de la saison de CART.
Mais derrière lui, Alex Zanardi, nouveau venu dans le championnat, a une autre idée sur la question.

Zanardi-dépassement-Corkscrew
A l’approche du célèbre virage de Corkscrew (un « gauche-droite » en descente), alors qu’il semble trop loin pour porter la moindre attaque, il tente le tout pour le tout, freine au panneau « trop tard », passe par-dessus le vibreur puis coupe le virage, deux roues dans le sable. Pris par surprise, Herta n’a rien pu faire. Incrédule, il regarde l’Italien filer vers la victoire. La manœuvre de Zanardi restera gravée à jamais dans les mémoires des amateurs de sport auto, qui s’empressent de la nommer « The Pass ».
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Pour Alessandro « Alex » Zanardi, ce dépassement génialement fou et la reconnaissance du public qui va avec, c’est une revanche. Lui, à qui il arrivait de croiser le fer avec Michael Schumacher ou Mika Hakkinen dans les pelotons de Formule 3, a quitté l’Europe dans l’indifférence la plus totale. Des débuts peu remarqués en Formule 1 chez Jordan fin 1991, quelques piges laborieuses chez Minardi en 1992 et deux demi-saisons chez Lotus (alors à l’agonie) en 1993 et 1994, puis une saison en GT FIA en 1995, autant dire que la carrière du natif de Bologne est en ruine au moment où Chip Ganassi lui propose de traverser l’Atlantique et de rejoindre son écurie de CART.

Les trois années qui suivent sont considérées par beaucoup comme l’âge d’or du CART. Après une année d’apprentissage ponctuée de fulgurances comme son dépassement de Laguna Seca, Zanardi s’impose comme la star de la discipline. Deux titres de champion, des victoires à la pelle, la plupart acquises dans un style agressif et flamboyant, et une bonne humeur communicative, Alex est le roi des USA. Mais quand on est Italien, ne rêve t-on pas avant tout de Formule 1 ?

Durant ces trois saisons, le petit monde de la Formule 1 assiste intrigué aux exploits de Zanardi, et se demande s’il n’est pas passé à côté d’un grand pilote. C’est Frank Williams qui dégaine le premier et lui propose la place laissée vacante par Jacques Villeneuve lui aussi issu des rangs du CART. Zanardi n’hésite pas un instant et quitte la proie pour l’ombre. Las, accueilli avec les honneurs dus à son palmarès américain, il ne tarde pas à décevoir, incapable d’exploiter pleinement le potentiel de sa monoplace et de se réhabituer à l’usage des freins carbone. A l’issue de la saison, qu’il termine sans le moindre point au compteur, Williams lui indique la porte de sortie. Pour Zanardi, la F1, c’est fini.

15 Septembre 2001. Après une année sabbatique, Zanardi a rejoint les rangs du CART, au sein de l’écurie de Mo Nunn, son ingénieur fétiche lorsqu’il pilotait pour Chip Ganassi. L’état de grâce des années 1996-1998 semble bien loin mais l’Italien monte en puissance au fil de la saison. Jusqu’à cette tragique journée, sur l’ovale du Lausitzring en Allemagne. Piégé bêtement par ses pneus froids à la sortie des stands alors que la victoire lui tend les bras, Alex se retrouve en tête à queue au beau milieu de la piste. Lancé à pleine vitesse, le Québécois Alex Tagliani ne peut éviter la monoplace en perdition de Zanardi, qu’il percute de plein fouet. Le choc est d’une violence inouïe, les images insoutenables.

Zanardi-amputéSi Tagliani s’en sort avec de simples contusions, Zanardi lui, est transporté à l’hôpital dans un coma profond. Les médecins parviennent à sauver sa vie, mais pas ses jambes, littéralement arrachées dans l’accident. "Lorsque je me suis réveillé, ma femme Daniela était à mes côtés, et elle m'a annoncé que je n'avais plus de jambes. Croyez le ou non, pour moi, c'était une belle journée. J'étais en vie. Si avant mon accident j'avais croisé quelqu'un sans jambes, j'aurai dit "mieux vaut être mort que amputé". Maintenant que j'ai perdu mes jambes, je réalise que l'essentiel est ailleurs."

« Carrière terminée » entend-on alors logiquement. Mais Zanardi n’est décidément pas un pilote comme les autres.

En 2003, le CART invite Alex à reprendre le volant de sa monoplace sur le Lausitzring, pour parcourir symboliquement les 13 tours manquants de la course de ce maudit 15 septembre 2001. Juste 13 tours, à effectuer à un train de sénateur à bord d’une voiture spécialement adaptée à son handicap, avec toutes les commandes au volant. A un train de sénateur ? Bah voyons ! Le feu sacré allumé en grand, Alex signe un chrono qui lui aurait valu de s’élancer en cinquième position sur la grille de départ de la course du week-end ! Une expérience suffisamment probante pour l’inciter à reprendre la compétition. En 2004, il est engagé par BMW Italie pour participer au championnat d’Europe des voitures de tourisme (l’ETCC), qui devient en 2005 le championnat du monde des voitures de tourisme (le WTCC). En cinq saisons, il remportera pas moins de quatre victoires, et se fera même quelques inimitiés dans le peloton, son style toujours aussi agressif en piste faisant des ravages, dans tous les sens du terme.

Zanardi-podium-WTCC

Parallèlement, il se lance dans un nouveau défi, le cyclisme handisport.
En 2007, il participe au Marathon de New-York, et malgré seulement quatre semaines d’entraînement, prend la quatrième place de l’épreuve.

Zanardi-cycliste-handisport
Désormais retraité du WTCC, il s’entraîne quotidiennement et parcourt chaque jour la bagatelle de 60 kilomètres, avec parfois des pointes à 120 kilomètres. Un travail qui paye puisqu’il vient de remporter le Marathon de Rome.

"C’est très excitant, peut-être encore plus que la course auto. Se retrouver au milieu de tous ces gens qui m’acclament, m’encouragent, me poussent, c’est vraiment différent. On sent leur chaleur directement sur sa peau et on savoure chaque instant."


A 43 ans, Alex a désormais un ultime objectif : participer aux JO de Londres en 2012, et grimper sur le podium.



Par Thibaut - Publié dans : Hors piste
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 00:00
Heikki Kovalainen
un Finlandais pas comme les autres

heikki kovalainenPeau claire, yeux bleus, cheveux blonds, patronyme en « -nen » mais sourire permanent. Nul doute, Heikki Kovalainen est un Finlandais atypique. Loué pour sa gentillesse et sa sympathie, il se distingue de certains de ses plus illustres compatriotes pilotes. Malheureusement, il semble aussi voué à s’en distinguer par son palmarès. Personne ne voit en lui un futur champion du monde...


Après avoir couru dans deux écuries championnes du monde (Renault et McLaren) sans convaincre réellement, l'avenir d'Heikki en F1 s'est
momentanément assombri puisque pour 2010 McLaren lui a préféré Jenson Button, le nouveau Champion du Monde... Il a finalement retrouvé un baquet chez Lotus fraîchement revenue à la F1. Une bonne nouvelle, car après le départ de Kimi Räikkönen, il aurait été dommage qu'aucun Finlandais ne soit présent en F1, d'autant que le natif de Suomussalmi n'est pas dénué de talent. Pourtant, si sa carrière en était venue à s'arrêter fin 2009, il y a fort à parier qu'on n'aurait pas retenu grand chose de lui : une victoire symbolique lors de la course des champions face à Michael Schumacher et Sébastien Loeb en 2004, un titre manqué face à Nico Rosberg en GP2 en 2005 et un impressionnant crash en F1 en 2008 à Barcelone. Un bien maigre butin pour le Viking !


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Heikki Kovalainen n'est pourtant pas un sombre pilote de fond de grille. Il a tout même glané en 3 saisons en F1 : 1 victoire, 3 podiums, 1 pole, 2 meilleurs tours. Ses saisons sont aussi synonymes de 87 points marqués en 52 courses, soit 28 courses terminées dans les 8 premiers pour seulement 8 abandons. Les statistiques démontrent donc qu'Heikki n'est pas un "branquignole", vous ne trouvez pas ?

Bien sûr, le petit Finlandais (enfin pas si petit que cela au regard de la taille moyenne des pilotes... il mesure tout de même 1m72 !) n'a pas l'aura d'un Raïkkönen ou d'un Hakkinen. Il suscite moins d'enthousiasme que des prodiges comme Vettel ou Hamilton. Il marque moins les esprits que Kubica ou Rosberg. Pourquoi ?

Pourquoi certains pilotes se remarquent plus - indépendamment de leur talent en piste - ? Impossible de répondre. Charisme, promotion, caractère, écurie, résultat, nationalité... autant de paramètres qui entrent en jeu mais ne peuvent apporter de réponse claire. Indéniablement, certains ont un petit truc en plus qui les distingue des autres. Est-ce le cas d'Heikki ? Sur un point, oui : Heikki Kovalainen est atypique parce que sympathique, ce qui n'est pas connu pour être la qualité première des pilotes venus du grand nord. Un trait donc en soi remarquable... mais ce n'est pas suffisant. Pour être honnête, Heikki se fond plutôt dans la masse.

En effet, outre cette "dissonance" dans son profil, Heikki ressemble à ses compagnons de piste. Comme la plupart de ses collègues, Heikki dit aimer les pâtes, le sport, les jeux vidéos, la vitesse, les sensations fortes (il est également pilote d'hélicoptère), les gadgets, il vit en Suisse, et ... Stop ! Revenons-en au sport ! Je (me) reprends donc : comme la plupart de ses collègues, Heikki a suivi le parcours classique des apprentis pilotes : débuts en karting dès son plus jeune âge (6 ans pour les premiers tours de roues, 10 ans pour les 1ères compèt') et rodage dans les diverses formules de promotions. Il y connaît un parcours correct, mais pas éblouissant. Jugez vous-même.

Avec en poche la victoire aux Elf Masters à Paris Bercy pour bien commencer le 3ème millénaire, "Kova" débute la course de monoplace en 2001 dans le championnat de Formule Renault Britannique. 2 victoires, 2 poles, 3 meilleurs tours et un titre de "rookie of the year" plus tard, il intègre le Renaud Driver Development et débute en F3 Britannique dont il terminera 3ème et à nouveau meilleur débutant. Un petit passage en World Series by Nissan lui apporte une deuxième place en 2003 (derrière Franck Montagny) et le titre de champion en 2004. Son apprentissage touche alors à sa fin puisqu'il rejoint l'antichambre de la F1 : le GP2. Leader pendant une grande partie de la saison, il ne finit "que" vice-champion, derrière un certain Nico Rosberg. Un titre qui suffit à lui ouvrir les portes de la F1, mais seulement en tant que pilote d'essai chez Renault.

Il lui faut attendre patiemment qu'une place se libère pour être titularisé en 2007 aux côtés de Giancarlo Fisichella. Dans une écurie en mal de leader, il doit se faire un nom. Un nom que son équipe s'est chargé de lui donner : Heikki Kovalainen devient Jean-Pierre Kova... comme pour faire la nique aux grincheux en manque de pilotes français. Mais "Jean-Pierre" ne porte haut ni les couleurs de sa Finlande natale, ni celles de son écurie. Ces débuts en F1 sont plus que difficiles. Une première moitié de saison véritablement catastrophique menace d'écourter sa carrière. Heureusement, un déclic se produit chez le Finlandais lors du GP du Canada. Dès lors, il nous offre un tout autre visage : plus rapide, plus accrocheur, certainement plus confiant...

Le rookie se révèle alors être un vrai pilote de F1. Déjà fiable depuis son premier GP, il démontre peu à peu toute son efficacité jusqu'à terminer 7 fois consécutives dans les points. Il réussit à accrocher un podium au pied du mont Fuji malgré des conditions de course particulièrement difficiles. Un beau résultat pour une première saison ; saison qui aurait pu être vierge de tout abandon sans un sournois souci mécanique lors du GP du Brésil. Rageant !

Rookie de bonne envergure, certes loin d'un Hamilton, Heikki attire les convoitises de McLaren qui le signe aux côtés de leur "prodige" maison. Deux conclusions paradoxales peuvent être tirées de ce recrutement : le Finlandais est suffisamment doué pour intéresser un top-team, mais pas suffisamment talentueux pour faire de l'ombre à Lewis... Cela signifie aussi certainement qu'Heikki n'est pas la tête de cochon que peut être Alonso. Forcément, Heikki est un gentil !

Gentil, mais déterminé à ne pas jouer les faire-valoir d'Hamilton. Il signe un très bon début de saison 2008, proche de son équipier et régulier. Tout change brutalement à Barcelone : énorme crash, sans séquelles physiques, mais après lequel rien n'est plus pareil. Peut-être affecté mentalement, mais surtout jouant de malchance, Heikki va connaitre des hauts et des bas. Première pole (Silverstone) et première victoire (Budapest), mais aussi de nombreux abandons et soucis techniques, des belles qualifs gâchées avant le départ ou dans les premiers tours, etc. L'illustration la plus flagrante de cette malchance chronique : sa course à Spa. Qualifié 3ème, il ne part finalement que 14ème à la suite d'un ennui au départ. Il remonte alors ses concurrents et pointe à la 7ème place dans le 9ème tour... mais voulant dépasser Webber, les 2 pilotes s'accrochent et le Finlandais reprend la piste en 15ème position. Déterminé, il repart à l'assaut de la tête de course et pointe à la 6ème place à l'entame du dernier tour... quand sa boite de vitesses le lâche ! Arrrgh !

Au final, il termine cette saison à la 7ème place du classement, très loin de son champion du monde de coéquipier. Totalement tombé dans l'anonymat, si Heikki espérait changer d'image en 2009, c'était sans compter sur l'inefficacité de sa monoplace. En qualifs comme en course, les deux pilotes McLaren ont du mal à démarrer en début de saison. Et si en qualifs, Heikki fait jeu égal avec Lewis, il ne concrétise pas en course, "victime" de nombreux abandons, alors même qu'il se trouve souvent devant son équipier... Tant et si bien qu'il ne marque que rarement des points (Shanghai, Hockenheim et Budapest). Au fil de la saison, il ne semble pas progresser. En effet, alors que son équipier retrouve peu à peu les joies de la victoire et de la bagarre en tête de course, Heikki, lui, semble stagner et plonge dans les affres du classement et de l'oubli. Cruel !

Sa courte carrière en F1 se serait donc achevée de bien triste manière si personne n'avait songé à lui pour 2010 car Heikki n'est pas plus mauvais que d'autres titulaires. Éclipsé par un équipier "énorme" de talent et de personnalité, et écrasé par la poisse, jusque là le petit Finlandais atypique ressemble finalement peu à un féroce viking... Il tient plus de Casper : gentil mais transparent. Dommage...  Saura-t-il se montrer plus consistant la saison prochaine avec l'écurie renaissante Lotus? Je l'espère sincèrement. Pas vous ?
Par Marie - Publié dans : Hors piste
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