Partager l'article ! Alguersuari et Grosjean : rookie de mi-saison: Romain et Jaime Deux débutants au niveau ? La For ...
Deux débutants au niveau ?
La Formule 1 n’offre plus beaucoup d’opportunités aux jeunes pilotes, dit-on. Bien sûr, la suppression des essais privés
pendant la saison depuis 2007 est un handicap de poids pour l’apprentissage des jeunes pilotes. Bien sûr aussi, le niveau d’exigence en F1 ne va pas en diminuant. Au contraire. Les débutants ne
peuvent se permettre d’être seulement « moyen » s’ils veulent garder un baquet plus d’une saison. Bien sûr enfin, les « vieux briscards » n’entendent pas céder leur place facilement. Autant de
raisons qui expliquent qu’en ce début de saison, seul un « rookie » a pointé le bout de son casque sur la grille de départ. Merci David Coulthard d’avoir libéré un volant permettant ainsi à Buemi
d’arriver dans la cour des « Grands ».
Un seul débutant ! Quelle tristesse… « Heureusement » Renault et Toro Rosso ont trouvé la solution : virer leurs rookies de la saison passée, pour en appeler deux nouveaux : Jaime Alguersuari et
Romain Grosjean. Arrivés en milieu de saison, les deux pilotes ont atteint le pinacle du sport automobile, mais au terme de la saison, une question se pose : arriver en F1 en cours de
championnat, pour un jeune pilote, est-ce une opportunité ou un cadeau empoissonné ?
Si on ne peut espérer voir les nouveaux venus se battre à jeu égal avec leur équipier respectif (qui connaît mieux la voiture, en toute logique), il leur faut néanmoins être suffisamment à la
hauteur pour ne pas paraître largués et perdre toute chance d’être rappelé la saison suivante. Un objectif partagé par Jaime Alguersuari et Romain Grosjean, malgré leurs parcours différents. Et
on peut se demander pour lequel des deux le défi fut le plus dur à relever. Fut-ce pour le gamin Jaime qui n’a pas complété le parcours classique de formation, ou pour Romain dont la « fougue » a
fait des éclats en GP2 ?
Pour Jaime Alguersuari, l’arrivée en F1 au cours de cette saison 2009 lui a permis de décrocher un record : celui du plus jeune pilote à prendre le départ d’un GP. Un record anecdotique certes, surtout s'il n'y a rien derrière !
Arriver jeune et inexpérimenté en F1 pourrait signifier que les attentes des équipes et du public soient révisées à la baisse. Si pour Jaime il semble que cela fut le cas en 2009, Romain Grosjean
lui devait au moins prouver qu’il était capable de faire mieux que Piquet Jr. Dans une écurie en proie à des difficultés internes et sportives, il avait pour mission de se montrer solide en
course et impliqué en coulisses, pour espérer éventuellement incarner le futur de l’équipe. Il semble d’ors et déjà avoir échoué et son avenir au sein du Renault F1 Team est plus que jamais
menacé. Les reproches de son équipe ne porteraient d'ailleurs pas que sur ses performances puisque le Français semble doté d’un réel talent comme en atteste son palmarès.
Championnat de Suisse de Formule Renault en 2003, à une époque où il pilote encore sous licence suisse. A noter, qu'aucune épreuve de
ce championnat ne se déroule en Suisse, puisque le sport automobile sur circuit y est interdit).
Le palmarès de Jaime Alguersuari est un peu moins fourni puisqu’il a brûlé les étapes à la fin. Il totalise pourtant dans
sa jeune carrière 118 Courses, 17 victoires, 17 pole positions, 36 podiums, 8 meilleurs tours en course.
Sa carrière en monoplace commence en 2005
avec la Formule Renault 1.6 Italie avec Tomcat Racing. Il termine 3ème. Il débute également en Eurocup Formule Renault 2.0 au sein de l'écurie Epsilon Euskadi.
Comme Kubica et Vettel avant lui, Alguersuari rejoint la F1 directement après la Formule
Renault 3.5, mais il impressionne moins que ses deux prédécesseurs. Il est plus difficile de se faire une idée sur le talent réel du pilote Toro Rosso, d’autant que ses performances en F1 n’ont
rien d’exceptionnelles sans pour autant être catastrophiques. Il souffre certes de la comparaison avec son équipier rookie Buemi, mais on peut supposer que la seule chose qu’on attendait de lui
était qu’il profite des quelques courses avant la fin de saison pour faire son apprentissage sans trop abîmer la voiture. Ce qu’il a fait, sauf au Japon.
Au final, en cette fin de saison 2009, le recrutement du jeune Espagnol ne parait plus si absurde qu’à l’été. Et même s’il n’était pas le plus connu des poulains de la pépinière Red Bull (Brendon
Hartley était plus mis en lumière que lui) et même s’il entre dans la catégorie des pilotes payants puisqu’il été issue d’une très riche famille impliquée dans le sport auto (son père est à
l’origine de la création des World Series by Nissan, devenues WS by Renault) et qu’il est largement soutenu financièrement par Repsol, un pétrolier espagnol, Jaime a signé des débuts
corrects.
Des débuts corrects... voilà une chose qu’on a du mal à dire concernant Romain Grosjean. En effet, le pilote français ne convainc pas. Son premier GP à Valence était pourtant encourageant. Mais
les courses suivantes furent désolantes, si tant est qu'on puisse parler de courses tant il a bouclé peu de tours ! En GP2, on le qualifiait de fougueux. Caractère qu'il conserve en F1, sauf que
chez les "grands", ça ne passe pas car ça casse trop ! Il ne parvient pas à boucler un week-end sans faire jaillir de la poudre de carbone !
Grosjean réussit donc à faire presque pire impression que Nelson Piquet Jr. Et ce n'est pas parce qu'il est à moitié Français que nous devons nous montrer indulgents. Il apparait également qu'en
coulisse, le jeune homme est bien loin de faire l'unanimité. Certains journalistes n'hésitent plus à parler de son caractère désagréable. Et au sein de son équipe, il ne semble pas beaucoup plus
apprécié : il rivalise avec Piquet Jr tant pour son manque d'humilité que pour son "entourage" jugé encombrant. Des rumeurs annonçaient même qu'il ne terminerait pas la saison. Cela ne se vérifie
pas, mais il semble en tout cas peu probable qu'il soit reconduit en 2010. Dommage, car le talent est là. Preuve qu'en F1 le talent ne suffit pas...
Pour un jeune pilote, on peut finalement se dire qu'une demi-saison dans le feu de l'action est une bonne occasion de faire ses preuves et de montrer son potentiel ; une opportunité à ne pas
rater sous peine de voir sa carrière s'arrêter net. Certes, cela ajoute de la pression aux petits nouveaux, mais cette pression souvent invoquée pour les excuser, elle fait partie du job, tous
les pilotes la subissent. Ne pas la supporter est aussi pénalisant que de freiner trop tôt en entrée de virage. Les mêmes conséquences sont à craindre : fond de grille et non-renouvellement de
contrat. Comment les patrons d'écurie auront jugé les prestations de leurs jeunes recrues ? Réponse dans quelques semaines quand la liste des engagés pour la saison 2010 sera enfin complètement
révélée.
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