Partager l'article ! Come-back de champions : 3 décennies de retour en piste: cliquer ici pour rejoindre le menu ...
Montréal, 28 septembre 1979, première journée d'essai du Grand Prix du Canada. En se réveillant dans
sa chambre d'hôtel, Niki Lauda sent que quelque chose a changé. 3 ans plus tôt, il avait stupéfié le monde entier en reprenant le volant seulement quelques semaines après un terrible accident qui
avait failli lui couter à vie. Le visage défiguré par le feu, les plaies encore à vif, il était reparti au combat car la F1 c'était sa passion, sa vie. Mais les choses ont changé. Ce matin là,
Niki ne ressent que de l'ennui à la pensée de piloter une F1. Arrivé sur le circuit, il annonce à son patron Bernie Ecclestone qu'il n'est plus pilote et s'en va, sans un mot supplémentaire. Il
n'a que 30 ans.
Alan Jones
avait un caractère en acier trempé, une âme de guerrier, il était impitoyable avec ses adversaires. Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir des états d'âme. Champion du monde en 1980, il décide de
quitter la F1 à la fin de l'année suivante. A 35 ans, il est au sommet de son art, les austères Frank Williams et Patrick Head ne jurent que par lui, mais il aspire à une nouvelle vie.
Probablement plus usé qu'il ne veut bien l'avouer par sa rivalité chez Williams avec son coéquipier argentin Carlos Reutemann, mais également las de la vie en Europe, c'est sans regret qu'il
repart pour son Australie natale. En 1982, Jones conduit toujours...mais un tracteur et se revendique désormais fermier.
Lorsqu'Alain
Prost quitte la F1 fin 1991, ce n'est pas totalement par choix et il se garde bien de prononcer le mot "retraite". Limogé sans préavis par la Scuderia Ferrari à la veille de la dernière course de
la saison, le Français ne manque pas de proposition pour la saison 1992. Faute de projet intéressant, il préfère néanmoins mettre sa carrière entre parenthèses afin de mieux préparer son retour.
Objectif parfaitement rempli puisqu'il est recruté pour 1993 par Williams-Renault, l'écurie dominatrice du moment. Vainqueur du premier GP de la saison, puis champion du monde, Prost réalise à 38
ans un retour en apparence parfait. Mais dans les faits, les choses sont moins roses : contesté au sein de sa propre écurie qui ne cache pas sa volonté de recruter Ayrton Senna, critiqué par les
médias qui pointent du doigt certaines de ses prestations en demi-teinte, en confit ouvert avec la fédération, le Français peine à prendre du plaisir et préfère quitter la F1 sans honorer sa
deuxième année de contrat avec Williams. Dans les années suivantes, on le dira parfois proche d'un nouveau come-back, notamment chez McLaren pour qui il officiera en qualité de pilote essayeur,
mais sagement, jamais il ne replongera.
Replonger dans le grand bain, Jacques Villeneuve en rêve lui. Le Québécois n'en est
d'ailleurs pas à son coup d'essai. Licencié de BAR-Honda fin 2003, il avait retrouvé le baquet d'une F1 fin 2004 pour une pige de trois courses chez Renault en remplacement de Jarno Trulli, puis
en 2005 et 2006 chez Sauber et BMW Sauber. L'expérience s'était conclue tristement. Auteur de performances assez quelconques pour un ex-champion du monde, il s'était vu indiquer la porte de
sortie durant l'été 2006. Jacques n'a pas attendu l'annonce du retour de Schumacher pour frapper à nouveau aux portes de la F1, attiré qu'il est par le nouveau règlement technique et la
perspective de voir arriver de nouvelles écuries. Papa depuis 2006, Villeneuve explique également avoir envie que ses fils le connaissent en tant que pilote de F1. Emerson Fittipaldi avait avancé
un argument comparable il y a 25 ans lors de sa tentative (avortée) de retour en F1 qui faisait suite à son mariage avec une femme presque deux fois plus jeune que lui et qui ne l'avait pas connu
temps de sa splendeur.
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