Partager l'article ! Senna, le prince de Monaco: cliquer ici pour rejoindre le menu La symphonie inachevée Il y a bi ...
membres de la famille princière et se force à accepter l'accolade du vainqueur Alain Prost. Dans son regard, aucune joie, juste l'envie d'être ailleurs. Le Brésilien, encore inconnu du
grand public une heure plus tôt, vient pourtant de terminer deuxième du GP de Monaco et de signer la plus belle performance de sa jeune carrière en Formule 1. N'importe quel pilote à sa place
serait comblé de bonheur mais lui ravale à peine sa colère. Cette coupe que soulève Prost, c'était la sienne.
Le début de saison de Senna et de Toleman a été délicat. Faute de temps et d'argent, l'écurie britannique n'a pas été en mesure de sortir une nouvelle voiture et
s'est contentée d'aligner une version évoluée de sa monoplace de l'année précédente, la TG183B. Chaussée de pneus Pirelli au comportement déroutant, elle n'a pas permis à Senna d'espérer mieux
que des qualifications dans la deuxième moitié de grille. Dès son deuxième GP, en Afrique du Sud, il a inscrit le point de la sixième place, mais à trois tours du vainqueur Niki Lauda. Senna a
touché le fond lors du Grand Prix de Saint-Marin où, otage d'un conflit entre son équipe et Pirelli, il n'est pas parvenu à se qualifier. Au GP de France, deux semaines avant Monaco, Toleman a
enfin sorti sa nouvelle voiture, la TG184 (œuvre de l'ingénieur sud-africain Rory Byrne) équipée de pneus Michelin, mais sans effet sur le niveau de performance général de l'écurie.
Au 3e tour, c'est Jacques Laffite qui subit la loi de Senna, puis vient le tour
de Manfred Winkelhock au 7e. Bloqué pendant près de 4 boucles par le jeune Allemand, Senna accuse alors déjà un retard de plus de 25 secondes sur le leader Alain Prost. Au 9e tour, Michele
Alboreto, alors 5e, part à la faute, permettant à Senna de grimper au 6e rang, dans les points. Le Pauliste est alors sur les talons de Keke Rosberg, victorieux l'année précédente, déjà sous la
pluie. Senna harcelle Rosberg pendant plusieurs tours, mais sans trouver la faille. Pire, il n'est pas loin de commettre l'irréparable à la chicane du port où suite à un freinage un peu trop
long, il tape violemment le trottoir. Biellette de direction tordue, la Toleman peut néanmoins poursuivre sa course et au 12e tour, Senna déborde enfin Rosberg, avant de faire subir le même sort
à René Arnoux deux tours plus tard. Senna est alors quatrième, puis bientôt troisième lorsque Nigel Mansell, qui venait de ravir le commandement de l'épreuve à Prost, part à la faute en haut de
la montée du Casino.
Prost a toujours une trentaine de secondes d'avance sur son dauphin
brésilien, mais le Français est en difficulté et souffre de problèmes de frein. Il commence à lâcher les secondes par poignée, si bien qu'au 27e tour, Senna ne possède plus que 20 secondes de
retard. Au rythme de près de trois ou quatre secondes au tour, la Toleman-Hart fond sur la McLaren-TAG. Au 30e tour, Prost, qui n'a plus que 11 secondes d'avance, agite fébrilement le bras en
passant devant les stands. Un signe pour indiquer à son équipe le problème dont il souffre ou bien une supplique destinée au directeur de course Jacky Ickx ? Au 31e passage, Senna est revenu à 7
secondes de Prost. L'impensable va t-il se produire ?
Chez Toleman, la joie cède rapidement la place à la consternation, et malgré cette
application stricto sensu du règlement, certains n'hésitent pas à parler de vol. Des proches de Senna iront jusqu'à mettre en cause la probité de Ickx en faisant le rapprochement entre son statut
de pilote officiel Porsche en endurance et la motorisation de la McLaren d'Alain Prost (un moteur badgé TAG mais conçu par Porsche). 25 ans plus tard, la décision d'Ickx reste controversée : les
conditions météo imposaient-elles réellement l'arrêt de la course ?
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