Grand Prix Historique de Monaco
20-21 Mai 2006
C’est par un beau dimanche de la fin Mai que nous prenons place dans les tribunes du Monaco. Bien installées, face au port, nous attendons le départ avec impatience. Derrière nous le grondement des moteurs monte… Les bolides sont sur la grille prêts au départ. D’un coup la meute est lâchée, et le bruit assourdissant emplit la ville. La montée du Beau Rivage, le virage du Lœws celui du Portier puis le tunnel, les voitures attaquent le virage du bureau de tabac et les voilà dans notre champ de vision… Lotus, Brabham, Cooper...
Quoi ? Vous semblez surpris ?! Et oui, nous avons oublié de vous préciser que nous sommes au grand-prix historique de Monaco.
Cette année les voitures participant à cet événement dataient de 1925 pour la plus ancienne jusqu’à 1978 pour les plus récentes. Comme il est impensable de faire courir tout ce beau monde ensemble, les voitures ont été réparties en sept séries en fonction de leur ancienneté.
Série D : Formule Junior à moteur arrière (1959/1963)
Classement :
1 : Denis Welch / Merlyn MK5/7 1963
2 : Edwin Jowsey / Lotus 22 1962
3 : Marcus Mussa / Brabham BT 2 1962
Meilleur tour en course : Denis Welch / Merlyn MK5/7 1963 : 1’ 54’’ 730
Série A : Voitures de Grand Prix avant 1947
Malgré leur grand âge, ces vieilles dames de la F1 nous ont offert un beau spectacle. Entre dépassements et dérapages il y eu de la bagarre à tous les étages. Au passage on aura remarqué les Bugatti 35 et 35B doyennes de la manifestation (1925), une Delage 1500, des Alfas P3 et 12C ainsi que des Maserati et des Era A et B.
Classement :
Meilleur tour en course : Sephan Schollwoeck/ Maserati 6 CM 1937 : 2’ 05’’ 432
Série B : Voitures de Grand Prix à moteur avant (1947-1960)
Au menu de cette série on annonce Sir Stirling Moss au départ au volant de sa Ferguson P-99 de 1960 à quatre roues motrices, mais cette délicate mécanique accuse le
poids des ans et les essais lui ont été fatals. Cette fois ci encore pas de ménagement pour ces vieilles machines, les pilotes attaquent et ce n’est pas de tout repos dans le peloton dans lequel
on aura pu admirer : une Maserati 250 F, une Cooper Bristol MK2, une Ferrari 246, une Gordini T15 ou encore une Lotus 16.
Classement :
La parade des Ferrari :
Série E : Voitures de Grand Prix à moteur arrière (1954-1965)
Après la pause déjeuner et la parade, la course reprend ses droits sur la piste de Monaco. Cet après midi, on aborde l’âge d’or de la F1 anglaise : BRM, Lotus, Brabham, Lola et autres Cooper sont sur la grille. Même si l’enjeu est minime, c’est une véritable compétition que se déroule en principauté. Ainsi la Lotus 18 de 1960 ayant réalisé la pole, s’élancera des stands pour un problème de pneus non conformes. Visiblement contrarié par cette sanction, le pilote de la Lotus passera 14 concurrents dans le premier tour, avant d’abandonner sur accrochage avec une Lola MK4. D’autres incidents plus ou moins spectaculaires seront au menu de cette course où les pilotes ne plaisantent pas. Ainsi pendant que les commissaires nettoient la piste, le safety car contient les bolides… Drôle d’image que cette Mégane rutilante aux couleurs du Renault F1 team, poursuivit par des Cooper de 1959.
Classement :
Meilleur tour en course : James King / Brabham BT 7 1963 : 1’ 54’’ 827
Série F : Formule 1 (1966-1974)
Avec cette série, place aux véritables Formules 1 et leurs ailerons. A l’affiche de cette catégorie qui s’annonce mouvementée : une McLaren M23 championne du monde en 1976, une armada de Lotus noires et jaunes, quelques Tyrrell, March, BRM, Techno, une Shadow DN3, deux Matras MS 120, une Ferrari 312B3 de 1974, celle de Clay Regazzoni, ainsi que la Brabham BT 33 de Duncan Dayton déjà vainqueur le matin en catégorie B. Effectivement la course tourne à la foire d’empogne et le safety car est obligé de sortir une nouvelle fois… Finalement c’est encore Duncan Dayton qui s’impose.
Classement :
Meilleur tour en course : Duncan Dayton/ Brabham BT 33 1970 : 1’ 37’’ 128
Série G : Formules 1(1975-1978)
Course phare de la journée, la série G regroupe les F1 les plus récentes de la compétition. Parmi ces 23 voitures nous retrouvons : une Penske PC3, rare Formule 1 américaine, pilotée par John Watson en 1976 qui s’élance de la pôle, des Ferrari 312 T3 (celle de Villeneuve et Reutemann en 78) et T2 (celles de Niki Lauda), une March 761, des McLaren M 23 et M 26, une Williams FW 06, une flopé de Lotus JPS ainsi que deux surprenantes Tyrrell P 34, Formule 1 à six roues. Là encore les pilotes sont des furieux et la voiture de sécurité sort dès le premier tour, puis c’est sous drapeau jaune qu’une March de 1976 perd sa roue arrière. Au bout de 3 tours, la Mégane s’efface enfin… mais ne reste pas longtemps au chômage technique car ça s’accroche encore devant l’hôtel de Paris. Quand enfin la course reprend il ne reste que 5 tours pour que les 5 voitures de tête se départagent. Au final après une lutte de toute beauté, c’est une Tyrrell P-34 qui s’impose et son pilote remporte cette épreuve pour la troisième fois consécutive.
Classement :
Meilleur tour en course : Pane Mauro / Tyrrell P 34 1976 : 1’ 36’’ 077
Série C : Série C - Voitures de Sport avant 1953
Pour terminer la journée, c’est une course de voitures de Sport d’avant 1953 qui nous est proposée. Parmi ces belles carrosseries, que des chefs d’œuvres : BMW 328 de 1939, Ferrari 166, 212, 340, et 225, Jaguar C Type, Aston Martin DB 3, Mercedes W 194, Gordini 15S et Frazer Nash Le Mans... Là encore on est pas à la parade et les pilotes donnent tout pour s’imposer, avec à la clef un beau spectacle.
Classement :
Meilleur tour en course : Albert Otten / Allard Cadillac J2X 1952 : 2’ 13’’ 793
C'est donc après une journée bien remplie que nous regagnons nos pénates, les oreilles encore bourdonnantes du bruit des moteurs de ces fabuleuses voitures. Pour nous, jeunes filles qui n'avions jamais vu courir ces voitures ce fut un vrai cours d'histoire qui nous ferait presque regretter de ne pas être nées plus tôt. Nous resignons sans hésiter pour la prochaine édition dans deux ans, en espérant que les pilotes n'auront pas perdu ce grain de folie qui les poussa à "envoyer du lourd" tout le week-end malgré la fragilité de ces vieilles mécaniques.
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