Hors piste

Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 21:36
Robert Kubica

Jouer, miser et bluffer pour gagner


Robert Kubica vient de signer chez Renault pour la saison 2010, mettant ainsi un terme aux questions sur l’avenir du pilote et de l’écurie. A cette occasion, petit zoom sur le premier pilote polonais de la F1.


Il a beau être Polonais, c’est au Canada qu’on pense quand on entend le nom de Kubica. Canada 2007 : un crash d’une violence impressionnante. Canada 2008 : sa première (et unique à l’heure actuelle) victoire en F1. Peut-être aurait-il plus brillé cette année si Montréal n’avait pas été supprimé du calendrier ? Une saison pire que celle qu’il est en train de vivre n’aurait pas été possible. L’an passé, il était l’un des trois derniers prétendants au titre. Cette saison, il lutte seulement contre sa voiture pour décoller du fond de tableau.


Peut-il espérer un destin à la Button, devant attendre le moment opportun pour faire éclater son talent ? Il lui faudrait patience et abnégation… Outre des résultats vraiment décevants en 2009, la saison de Robert est des plus compliquée. A l’été, on doutait même de son avenir en F1 suite à l’annonce du retrait de BMW. Pilote dont le talent est reconnu, Kubica n’était pourtant pas le plus courtisé du plateau jusqu’il y a peu. Renault puis Toyota ont clairement fait connaître leur intérêt pour le Polonais, et c’est finalement dans l’écurie française que le natif de Cracovie va continuer sa carrière.

C’est un retour dans le giron Renault pour celui qui avait débuté au sein du Renault Driver Development à la fin 2001, après une saison très convaincante en Formule Renault 2 litres. L’année suivante, il confirmait en remportant plusieurs victoires et en terminant vice-champion de Formule Renault italienne. Il est pourtant bizarrement évincé du RDD dès la fin de la saison 2002. En 2005, après son titre en World series by Renault, l'écurie lui avait déjà fait savoir son intérêt en lui offrant un test et en lui proposant un poste d'essayeur puisque ses chronos étaient bons. Mais Robert avait préféré BMW-Sauber. Aujourd’hui, Renault comme Kubica ont fait part de leur joie de travailler ensemble pour la saison à venir.

Que peut espérer chaque partie de cette collaboration ? Pour Kubica, clairement, il cherche une voiture plus performante que sa BMW 2009. Depuis 3 ans les monoplaces Renault ne sont pourtant pas parmi les meilleures du plateau, mais le moteur reste l’un des plus fiables et des plus économes du plateau. Or avec la suppression annoncée des ravitaillements, avoir un moteur économe est un net avantage. Pour Renault, il s’agit surtout de recruter un pilote suffisamment « consistant » pour prendre la suite d’Alonso. Robert Kubica est comme l’Espagnol un pilote de fort caractère, n’hésitant pas à mettre en cause son équipe quand ça va mal. Ça ne vous rappelle personne ? D’ailleurs, Robert et Fernando sont potes. C’est aussi un pilote dont le talent brut est reconnu.

Dès son arrivée en F1, il a marqué les esprits. Arrivé en aout 2006 lors du GP de Hongrie après que Villeneuve a été déclaré inapte à la course suite à des maux de tête, il prend rapidement ses marques. Dès sa troisième course, il termine 3ème. Seuls quatre autres pilotes dans la F1 moderne ont réussi a accroché un podium lors de leurs trois premières courses : Jacques Villeneuve (!), Ralf Schumacher, Alexander Wurz et Lewis Hamilton. Des débuts remarquables donc, et pourtant, il est fort à parier que ce n’est pas ce qui sera retenu de la carrière de Kubica.

 

Comment ne pas revenir sur le spectaculaire accident dont il a été victime au Canada lors de sa première saison complète en F1 ? Impressionnantes et angoissantes, les images de son crash ont fait le tour du monde et tournent encore en boucle aujourd’hui sur Internet. Pour tous ceux qui ont assisté en direct à l’accident, il était absolument inenvisageable que le Polonais reprenne le volant rapidement. Et pourtant, il n’a manqué qu’une course, et pour son retour lors du GP de France, il se qualifie et termine 4ème. Bluffant ! Cet exploit lui vaudra longtemps le surnom de « Terminator ».

Avant sa première saison de Formule 3, Robert Kubica avait été victime d’un grave accident de la route qui l’avait tenu éloigné tout le début de saison des circuits. A son retour, il avait signé une très belle prestation, mais la suite de sa saison avait été plus qu’en demi-teinte. Un schéma qu’il n’a pas reproduit lors de la seconde moitié de la saison 2007 puisqu’il terminera dans les points presque à chaque course, exception faite de Spa où il ne termine que 9ème et de la Chine où il doit abandonner. Son équipe lui témoigne d’ailleurs sa confiance en le confirmant pour la saison suivante dès le mois d’aout, seulement quelques semaines après son accident.

Il confirme son talent en 2008 en signant un podium dès la Malaisie et sa première pole position à Barhein. Il termine toutes les courses suivantes dans les points. A Monaco, il rate de peu la victoire, terminant 2ème derrière Hamilton. Il doit remporter sa première victoire cette saison là, cela fait peu de doute. Et c’est ironiquement à Montréal qu’il monte sur la première marche du podium. Un léger passage à vide suivra, mais le Polonais reste toujours parmi les 4 premiers au championnat du monde. Il signe une très belle course au Japon où après une jolie bataille avec Alonso, il termine 2ème. Il n’a alors plus que 12 points de retard sur Hamilton au championnat et tous les espoirs lui sont encore permis… mais pas pour longtemps. La course chinoise voit s’envoler pour lui les rêves de titre. Il termine la saison 3ème, à égalité de points avec Räikkönen. Dans la tête de tous, il est alors entré dans le clan très fermé des pilotes à la carrure de champion.

Presque un an plus tard, il est difficile de garder en tête cette pensée. Sa saison fut catastrophique. Elle commençait bien pourtant. En Australie, il était aux devants de la scène jusqu’à ce qu’un accrochage avec Vettel les élimine tous les deux. La suite, c’est à une anonyme place du peloton qu’il va la vivre. La voiture est très loin et il semble rapidement démotivé et très critique. Du pilote à l’image sympa, il est passé au pilote bougon et râleur.

De son côté intime, on ne sait pourtant pas grand-chose du pilote, à part son immense amour pour le poker auquel il a converti de nombreux pilotes. Très bon joueur, il sait surement mieux que personne que la chance tourne, et il doit espérer que la prochaine donne lui sera favorable. Alonso avait une paire d’as sur son casque assorti à sa R29. Combien d’as synonymes de victoires Robert ramènera l’an prochain ? Avec la bonne voiture, il peut en espérer plusieurs, à condition bien sûr de savoir fédérer l’équipe autour de lui. Et si personne ne doute plus de son talent en piste, c’est bien dans les garages, avec ses mécanos et ses ingénieurs, qu’il va devoir montrer qu’il a en main tous les atouts pour vraiment devenir un champion.

Par Marie - Publié dans : Hors piste
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 21:15
Timo Glock
Entre discrétion et coups d'éclats

 

Il est des pilotes de F1 dont on se souviendra longtemps, non pour leurs résultats ou leur talent exceptionnels, mais pour leur rôle décisif dans une scène marquante de l’histoire de la F1. Aujourd’hui, Timo Glock est un de ces pilotes : le pilote si intimement lié au premier sacré de Lewis Hamilton en 2008, lequel réussit à chiper ce petit point de plus en le doublant dans le dernier virage du dernier tour du dernier GP de la saison. Mais ne doit-on aujourd'hui retenir que ça du pilote allemand ? Et demain ? Peut-on légitimement attendre quelque chose de particulier de ce jeune homme de 27 ans, en train de disputer sa deuxième saison complète au sein du pinacle du sport automobile, et pris dans l’étau des vieux briscards affutés et des jeunes loups talentueux ?


Un premier coup d’oeil sur son parcours pour atteindre un poste de titulaire en F1 ne joue certes pas en sa faveur. Après ses débuts en karting, Timo poursuit sa formation de pilote en Formule BMW (2000-2001), en F3 allemande (2002), puis en F3 EuroSeries (2003). Comme beaucoup de ses futurs pairs de la F1, il se fait remarquer dans chacune de ces disciplines, et ses 3 victoires en EuroSeries, associé au soutien de la Deutsche Post, lui ouvrent les portes de la discipline reine : il devient ainsi troisième pilote chez Jordan Grand Prix pour les essais du vendredi de la saison 2004. Il prendra même le départ de 4 GP cette saison, en remplacement de Giorgio Pantano, avec un premier GP au Canada couronné d’une belle 7ème place.


Mais l’heure n’est pas encore venue pour Timo, qui décide de tenter, comme beaucoup d’autres avant lui, sa chance aux Etats-Unis. Classé 8ème en fin de saison, avec notamment une 2ème place obtenue à Montréal (!), il est sacré « Débutant de l'année » (Rookie of the year) du championnat de Champcar, mais préfère revenir sur le Vieux Continent se faire les dents en GP2. 4ème lors de la saison 2006, il remporte finalement le titre GP2 l’année suivante, en même temps qu’il retrouve un baquet de F1 en tant que pilote essayeur chez BMW.

En 2008, c’est donc le grand saut. Tant bien que mal, et à force d’abnégation, Timo a réussi à faire ses preuves et à décrocher un poste de titulaire chez Toyota. Débute alors une saison d’apprentissage mouvementée, entre prestations anonymes, coups d’éclat, et… sorties de piste spectaculaires ! Globalement moins régulier et beaucoup plus brouillon que son expérimenté coéquipier Trulli, Glock progresse, discrètement, en même temps que le package de la TF108. Après son « big air » de Melbourne, et une 4ème place décrochée au Canada (encore !), il marque de nouveau les esprits lors du GP d’Allemagne où une rupture de suspension en sortie du Stadium envoie violemment sa monoplace dans le muret des stands. Cette course de la mi-saison marque-t-elle le tournant de sa saison ? Numériquement, ça ne fait aucun doute : 5 points inscrits lors des 9 GP précédents, 20 lors des 8 suivants ! Son incroyable 2ème place à Budapest 2 semaines après son accident semble d’ailleurs marquer d’une pierre blanche l’arrivée du « nouveau Glock ».


Nous ne reviendrons pas sur ce qui s’est passé à Interlagos en novembre de la même année. D’une part car cela ferait l’objet d’un débat sans fin, le pilote allemand ayant longuement expliqué qu’il était tout simplement à l’agonie avec ses pneus slicks sur une piste détrempée : « la voiture était absolument inconduisible ». D’autre part, car la carrière F1 de Timo est devant lui maintenant. Espérons-le tout du moins. Avec une voiture plus performante, une hiérarchie chamboulée, il y a une carte à jouer pour l’Allemand. Toyota a en début d’année réaffirmé son engagement en F1 pour les saisons à venir, un engagement aujourd’hui à mettre au conditionnel puisque les rumeurs sur un prochain retrait du constructeur se font de plus en plus insistantes. C’est donc plus que jamais pour Timo le moment de se manifester comme un pilote solide capable de se battre parmi les meilleurs. Des poles, des podiums… Une victoire… Pour cela, Timo doit poursuivre son petit bout de chemin, sans brûler les étapes, saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent, comme en Malaisie ou à Singapour cette année. Aucun abandon depuis l’ouverture de la saison 2009, seulement deux arrivées hors du top-ten, il fait plus que jeu égal avec son coéquipier, même s’il doit encore progresser en qualification où ses prestations moyennes et irrégulières viennent souvent entacher sa course du dimanche. La voiture n’est certes pas la plus compétitive du plateau comme il le dit lui-même, mais il faut savoir composer avec, aider à l’améliorer, et la pousser dans ses derniers retranchements. Une course perturbée par des changements météo intempestifs, situation dans laquelle il se dit à l’aise, pourrait, qui sait, lui profiter ? Ce serait une belle manière, quoiqu’un peu cocasse il est vrai, de faire une place à « Glock Dog » dans les tablettes, et d’oublier pour un temps sa course en clôture de saison 2008.


Alors oui. Oui, Timo Glock a encore des choses à nous montrer, de grandes attentes auxquelles répondre. Les changements de réglementation intempestifs, les écuries qui se retirent et qui se créent, les pilotes de passage le temps de quelques courses, tout contribue à créer une atmosphère chaotique et incertaine, dans le paddock comme sur la piste, où chaque pilote constant et concentré sur ses objectifs peut avoir sa chance. Timo est un de ceux-là. Il a déjà eu quelques occasions de le démontrer ; reste à voir si une écurie lui permettra de confirmer son potentiel et devenir bientôt un réel trouble-fête parmi les leaders.
Par Nico - Publié dans : Hors piste
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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 10:30
Rendez-vous raté en France

2008 a vu la dernière édition du GP de France à Magny-Cours. En 2009, plusieurs projets se sont portés volontaires pour prendre la relève de l'épreuve nivernaise. A l'heure actuelle, celui qui semble être en pole position, car satisfaisant aux envies de Bernie Ecclestone, est celui de Flins.
Mais après la disparition aussi soudain que prévisible de l’épreuve française, rien n'est acquis.

Une nouvelle saison de Formule1 a démarré au printemps, et cette année, pour la première fois depuis 1955, la France n'accueille pas le F1-Circus. La FFSA a supporté presque seule la charge de cette course, déjà en sursis depuis plusieurs années, avant d'abandonner et de rompre le contrat qui la liait à la FOM, faute de soutien.

Bernie Ecclestone a toujours critiqué l'étape française, lui reprochant sa difficulté d'accès et son manque d'infrastructures d'accueil (autoroutes, hôtels, boîtes de nuit, ...). Depuis que la situation délicate du GP ne pouvait plus être cachée, le grand argentier de la F1 s'est pris à rêver d'une course disputée dans les rues de Paris.
La France n'en est pas au point de réaliser ce fantasme fou – nul doute qu'une telle manifestation est impossible à réaliser tant le lobbying anti-voiture est fort dans la capitale – mais de nombreux projets ont éclos depuis l'annonce de la suppression de Magny-Cours.

Du Château de la Belle au bois dormant au Palais des glaces

C'est EuroDisney qui a dégainé le premier en proposant un projet en apparence solide. Le transport, les hôtels et la proximité de Paris, le support d'un groupe privé solide et prêt à investir : Lagardère et le soutien d'Alain Prost, figure de proue du sport automobile français, ont fait briller des étoiles dans les yeux de Bernie.

Malheureusement, le projet a dû composer avec des opposants qu'on n'attendait pas forcément... Les écologistes et les riverains ont provoqué une véritable levée de boucliers qu'on n'avait pas vu à une époque pas si lointaine où tous accueillaient les équipes à bras ouverts. Il semblerait que les fans adorent la F1, mais pas sous leurs fenêtres.

Chez Mickey, les riverains ont été effrayés par les nuisances sonores, la pollution engendrée par les gros moteurs V8 et les bouchons monstre que ne manqueraient pas de provoquer les nombreux " fous du volant " qu'une telle manifestation pourrait drainer.

De plus, les terrains qui devaient être mis à disposition du projet par EuroDisney n'étaient pas réellement disponibles. Ils devaient servir à une éventuelle extension du parc d'attraction et en aucun cas à la construction d'un circuit automobile.
Lassés et déçus par cette résistance, le groupe Lagardère et Alain Prost ont préféré jeter l'éponge.

Mais ce n'était pas fini. Les deux animateurs du projet avorté devaient rejoindre un nouveau prétendant pour lui prêter main forte. Leur dévolu allait se porter sur le projet de Flins, dans les Yvelines. Un projet qui avait démarré très timidement avant de prendre plus d'ampleur à mesure que Disney et d'autres s'emmêlaient les pinceaux.
Voilà quelques semaines, le président du conseil général des Yvelines, Pierre Bédier, a présenté son projet de circuit de F1.

Ses points forts ? Des autoroutes et des transports desservent bien le site. Le département des Yvelines est un haut lieu historique de l'automobile; les grands constructeurs y sont implantés et paient des taxes professionnelles importantes qui doivent permettre de financer les travaux. Partant d'une feuille blanche, le site veut se doter des meilleures technologies en terme de respect de l'environnement et de consommation d'énergie.

Mais ce n'est pas suffisant pour les élus verts, les associations écologiques et les riverains du chantier. Plusieurs points obscurs ne plaident pas en la faveur de ce dossier.
D'abord le terrain : le futur circuit se trouve sur une zone partiellement inondable qui abrite une des plus grosses nappes phréatiques d'Ile de France. Sans compter que les terrains avaient été cédés par la ville de Paris au département en échange de l'engagement de ce dernier d'y pratiquer des activités d'agriculture biologique. Des agriculteurs avaient même commencé à payer leur loyer ! Ensuite le coût. Le circuit doit être financé avec l'argent des impôts locaux et donc avec l'argent des contribuables du département. La taxe professionnelle est appelée à disparaître pour être remplacée par autre chose, mais quoi ? Il en découle que tout le monde n'est pas forcément d'accord. Enfin, le passé trouble de Pierre Bedier (condamné à de la prison avec sursis et à six ans d'inéligibilité pour corruption) le met définitivement hors-jeu.

Le support d'Alain Prost n'est pas non plus une garantie en soi. L'échec du bio-carburant E85 dont il a été l'ambassadeur, l'abandon du projet DisneyLand et ses propos maladroits et inélégants à l'encontre des opposants et de l'opinion publique n'en font pas un formidable homme politique.

Ce projet est resté malgré tout en pôle provisoire un long moment, mais un nouveau rebondissement, constituant un obstacle majeur, vient tout juste d'avoir lieu. Le Parisien-Aujourd'hui en France, indique dans un article du 22 juin 2009, la découverte d'un site archéologique âgé de 13.000 ans et d'une valeur exceptionnelle.

Vers un retour aux sources

L'autre projet encore en lice (mais extrêmement discret) est celui de Val de France dans le département du Val d'Oise, autour de la commune de Sarcelles, promu par Jean-Pierre Beltoise, ancien pilote de formule 1.

Le dossier a été présenté voilà quelques jours au siège de la Fédération Française de Motocyclisme. Et oui ! Jean-Pierre Beltoise a été également motard.
Mais ce n'est pas l'unique raison. Le site ambitionne de devenir un pôle technologique à part entière avec des pistes pouvant accueillir tout type de véhicule (auto, moto, 4x4 et F1), des installations dédiées au sport avec un stade couvert et des sites industriels à la pointe de la recherche sur les moteurs électriques ou les carburants verts.

Les promoteurs du projet restent discrets mais ne cachent pas leur volonté de rencontrer le Président de la République pour leur exposer leur dossier aux larges volets écologique et social dans cette région particulièrement touchée par le chômage.
Il y a quelques mois, Beltoise proposait même de payer le bail de Magny-Cours pour plusieurs éditions afin d'assurer la présence de la France au calendrier du championnat de Formule 1 en attendant la construction de la piste.

Aux abords de l'aéroport international de Roissy, les terrains ne sont utilisables que pour des activités industrielles. L'opposition ne devait pas être bien grande pensait-on. Mais une résistance naissante s'organise et met encore un fois en avant les mêmes points noirs que sur pour les autres sites : pollution, nuisances sonore, embouteillages... Points noirs auxquels semblent s'ajouter des questions politico-politiciennes.

Depuis quelques semaines, le circuit Paul Ricard du Castellet (celui-là même qui a cédé sa place à Magny-Cours en 1991) se dit prêt à réfléchir à l'organisation d'un GP.
Rien de bien solide pour le moment, mais dans cette période trouble où aucune décision claire n'émerge, Gérard Neveu, directeur de la piste - qui vient de recevoir son homologation -, se positionne et tâte le terrain.

Le circuit a été racheté par... Bernie Ecclestone pour servir de base d'essai aux équipes de F1. La vingtaine de configuration possibles permet de tester de nombreuses solutions et les bandes ultra-adhérentes remplaçant les bacs à gravier sont un gage de sécurité important.
Mais le Castellet souffre aussi de son isolement et d'un manque d'infrastructures. Pas sûr que Bernie abandonne son rêve de circuit autour de Paris...

Quoi qu'il en soit, la décision finale appartient justement à Bernie Ecclestone seul. Et aujourd'hui, il n'existe plus aucune garantie de revoir la Formule1 revenir en France. Comme nous le soulignions en début d'article, la FFSA a rompu unilatéralement son contrat avec la FOM. Si Bernie aime la France, il aime également son portefeuille (encore plus depuis son divorce) et les candidats potentiels pour l'organisation d'un GP sont encore nombreux. Certains pays sont prêts à payer des sommes astronomiques. L'arrivée de l'Inde en 2010 est probable. La Corée du Sud veut aussi son GP. La Bulgarie discute et le Portugal est déjà passé à l'acte avec sa piste de Portimao sur laquelle les F1 ont déjà roulé.

Les pays européens ne peuvent pas, ne veulent pas et ne doivent pas payer ces sommes incroyables en tant que lieux historiques du sport automobile.

Magny-Cours, qui a accueilli l'épreuve depuis 1991 semble définitivement écarté. Mais le circuit est aujourd'hui le seul à être capable d'accueillir les monoplaces sans délai !
Les travaux de raccordement de l'autoroute ont déjà démarré et le feu vert de Bernie suffirait à entamer l'amélioration les infrastructures et des paddocks du circuit. Le coût de quelques dizaines de millions d'euros serait faible comparé aux 100 à 200 millions d'euros qu'exigeraient les deux autres projets.


La France est un pays qui a été pionnier dans l'industrie et la compétition automobile. La première course sous l'appellation Grand Prix a eu lieu en 1906 au Mans. La F1 est toujours passée en France, que ce soit à Reims, à Rouen, à Clermond, au Mans, à Pau, au Castellet, à Dijon ou à Magny-Cours. Elle ne doit son absence en 1955 qu'à un terrible accident qui a endeuillé la course des 24h du Mans, entraînant l'annulation de nombreuses épreuves sur le territoire national.

Dans un contexte économique difficile, l'automobile souffre, et encore plus lorsqu'elle est stigmatisée par les pouvoirs publics. Depuis plusieurs années, le sport automobile n'a plus la côte. Les pro-F1 sont incapables de s'accorder et de se réunir autour d'un seul projet. Rien d'étonnant après l'abandon de Magny-Cours qui aurait dû être présent cette année ! Les anti-F1 gardent la main pour le moment en avançant des arguments tout à fait convaincants qu'il serait dangereux d'ignorer lors de la prise de décision.

Cependant, l'histoire de l'automobile est intimement liée à celle de notre pays et perdre un GP de F1 pourrait avoir des répercutions sur toute la filière du sport et de l'industrie en général.
Par Fatah - Publié dans : Hors piste
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