Dossier Tech'


Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /2007 21:10

La procédure du Safety Car


Très utilisée Outre-Atlantique, à l'image du grand-prix mouvementé du Canada, en 2007 je vous propose de faire le point sur la voiture de sécurité. Dans quelle condition intervient-elle ? Quelles sont les réglementations qui l’entourent ? Qui décide la mettre en piste ? ...



La voiture et le pilote :

Le Safety Car (SC) ou voiture de sécurité est un coupé Mercedes-Benz CLK 63 préparé par AMG. La bête est équipée d’un moteur V8, 6,3L de cylindrée et développe pas moins de 481cv à plus de 6 800 tr/min. Car si les monoplaces sont au ralenti derrière, le safety car lui, roule à fond. Il est donc également équipé de freins en conséquence, et les portières comme les spoilers avant et arrière sont en fibres de carbone renforcées pour allier légèreté et sécurité. A l’intérieur le pilote et l’officiel qui l’accompagne sont sanglés dans leur baquet par un harnais 4 points et le port du casque est obligatoire. On trouve aussi un système radio qui permet une liaison constante entre la voiture et la direction course, et une TV qui retransmet le grand-prix.
safety-car-f1.jpg
Sur le toit est monté un système de gyrophares qui reste allumé pendant toute la durée de l’intervention et que le pilote éteint lors de son dernier tour alors que la piste est claire.
Le seul pilote habilité à conduire cette voiture par la FIA est Bernd Mayländer, et ce sur tous les circuits du championnat.



Qui décide de faire intervenir le safety car ? Pourquoi ?

La voiture de sécurité rentre en piste sur décision du directeur de course, si les pilotes, les commissaires ou toute personne sur le bord de la piste coure un danger immédiat sans que les circonstances nécessitent cependant une suspension de la course. Il faut également que la piste ne soit pas totalement obstruée.
Le but de l’intervention du SC est de neutraliser la course, pour laisser le temps aux commissaires de dégager la piste en sécurité. Les F1 roulent donc au ralenti derrière la voiture de sécurité et ont interdiction formelle de se doubler.
Le safety car est stationné à la sortie de la voie des stands, et intervient dès que l’ordre est donné où que soit le leader du grand-prix.



La signalisation :

Quand l’ordre de sortir la voiture de sécurité tombe, tous les postes de signalisations doivent se mettre simultanément à agiter le drapeau jaune, et à brandir le panneau “SC“ et ce jusqu’à la fin de l’intervention du Safety Car. Quand la voiture de sécurité est dans son dernier tour, elle éteint ses gyrophares et rentre dans la voie des stands. A partir de ce moment tous les postes de signalisations remplaceront le drapeau jaune et le panneau SC par le drapeau vert et ce jusqu’au passage de la dernière monoplace.




Les arrêts aux stands sous safety car :

Avant 2007 : le safety car entrait en piste à la sortie des stands, et dès qu'il était déployé les pilotes pouvaient s'engouffrer dans les stands pour ravitailler et ressortir derrière le safety, ils ne perdaient donc pas de place et pouvaient même parfois en gagner.
Le pauvre pilote qui venait de passer l’entrée des stands au moment de l'entrée du Safety se retrouvait juste derrière lui sans avoir pu ravitailler et si au tour suivant il choisissait de rentrer aux stands il se retrouvait  derrière tous ceux qui étaient entrés dans les stands avant lui.
Il y avait donc un avantage pour le pilote suivant l'endroit où il était sur la piste au moment de la sortie du SC.


Depuis 2007 : A partir du moment où la voiture de sécurité est déployée (le message SC DEPLOYED s’affiche sur les écrans des stands) la voie des stands est neutralisée : c'est-à-dire que les pilotes ont le droit de l’emprunter mais pas de s’arrêter à leur box pour ravitailler ou changer de pneus. Si un pilote enfreint cette règle une pénalité de 10 secondes lui sera infligée. Bien sûr une voiture se trouvant déjà dans la voie des stands lors l’intervention du SC pourra ravitailler sans encourir de sanction.
Les pilotes ne pourront ravitailler que lorsque le message "PIT LANE OPEN" sera affiché sur les écrans de chronométrage.

Les pilotes étant entrés dans la ligne des stands ne pourront en ressortir que si le feu de la fin de la pit-lane est vert, ils devront alors rejoindre la file de monoplace à allure modérée sans se dépasser. Le feu des stands n'est rouge que lorsque la voiture de sécurité passe ou est sur le point de passer devant la sortie de la pit-lane. La sanction pour un pilote grillant le feu n’est pas prévue explicitement par le règlement, mais "la jurisprudence" montre que c’est invariablement le drapeau noir, c'est-à-dire l’exclusion du pilote, qui est choisie.



L’ordre des voitures derrière le SC :

On l’a vu le safety car sort dès qu’il en a l’ordre où que soit la voiture de tête. Quand le directeur de course juge la manœuvre possible, la voiture de sécurité affiche un feu vert pour faire signe aux voitures situées entre le SC et la voiture de tête de passer et de rejoindre à allure modérée le bout de la file.
La première monoplace suivant la voiture de sécurité doit suivre cette dernière à une distance inférieure à 5 longueurs de voitures, et les autres doivent rester en formation aussi serrée que possible.



Les retardataires :

Pour permettre aux voitures à qui on a pris un tour de refaire leur retard et éviter qu’elles ne s’intercalent dans la lutte entre les leaders, ce qui peut être dangereux et tuer le spectacle lors de la relance, le règlement prévoit que lorsque les conditions de sécurité seront réunies le directeur de course donnera l’autorisation aux pilotes retardataires de doubler les autres monoplaces et la voiture de sécurité pour venir se placer en queue de la file. Cette manœuvre ne sera possible que lorsque le message "LAPPED CARS MAY NOW OVERTAKE" sera affiché sur les écrans de chronométrage.



Reprise de la course :

Lorsque toutes les voitures sont alignées derrière le safety car, et que la piste est dégagée, la voiture de sécurité indique que c’est son dernier tour en éteignant ses gyrophares. La course ne sera effectivement relancée qu’une fois que le SC sera rentré dans les stands et que les pilotes auront franchit la ligne de départ. Tout pilote tentant une manœuvre de dépassement avant de franchir la ligne sera pénalisé car on considérera qu’il a doublé sous safety car.

  safety-car-f1-2.jpg
Par Marnie - Publié dans : Dossier Tech'
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Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /2007 17:35

Le moteur d'une Formule 1

   


C'est l'organe essentiel d'une monoplace, sans lui elle ne décollerait pas de la grille de départ, mais c'est aussi, peut-être son élément le plus complexe et le plus difficile à appréhender. Soumis à des forces inimaginables un moteur de F1 défie les lois de la physique pour développer toujours plus de puissance. Le moteur est peut-être bien caché sous la carrosserie mais il est loin d'être l'élément le moins intéressant en Formule 1.



Cylindres et cycle moteur


    Mais commençons par le commencement. Les moteurs utilisés en F1 sont des moteurs à 4 temps. Cette technologie a été choisie car c'est celle qui est la plus facilement exploitable et celle qui présente le plus de similitude avec les voitures de série. Ce sont des moteurs "essence" dits à "allumage commandé". L'unité de fonctionnement de base du moteur est le cylindre.

    Le cycle de fonctionnement d'un cylindre se décompose de la manière suivante :

 

1) L'admission : ou aspiration, un mélange air/essence dans des proportions précises est aspiré par la soupape d'admission, puis celle-ci se referme.

2) La compression: le piston remonte dans le cylindre, comprimant le mélange air/essence, ce qui provoque une élévation de sa température.

3) La combustion : la bougie produit une étincelle qui enflamme le mélange comprimé au maximum. Le mélange explose en repoussant le piston vers le bas, c'est ce qu'on appelle le temps moteur.

4) L'échappement : les deux soupapes d'échappement s'ouvrent et le piston remonte, les gaz brûlés sont alors expulsés hors de la chambre de combustion.

    Ce mouvement de bas en haut puis de haut en bas du piston entraîne une bielle qui transforme ce mouvement vertical en mouvement rotatif au niveau de l'arbre moteur (ou vilebrequin) qui va ensuite faire tourner les roues via la transmission.

   Si le principe est simple, l'application est extrêmement complexe, car dans une monoplace l'enchaînement de ces 4 temps peut avoir lieu jusqu'à 19 000 fois par minute ! Ceci entraîne l'apparition d'énormes contraintes sur les pièces du moteur que les ingénieurs s'efforcent de diminuer.

    En outre, l'architecture d'un moteur de F1 est très réglementée, actuellement il doit comporter 8 cylindres pour une cylindrée de 2 400 cm3 (volume total des cylindres). 4 cylindres sont répartis de chaque côté, formant un V qui s'ouvre selon un angle de 90 degrés. Le V8 présente l'avantage d'être plus léger et plus rigide que le V10 (car plus court), mais la course des pistons est plus longue ce qui entraîne une diminution du régime moteur maximal.


 

    En effet, plus la course des pistons est longue, plus leur déplacement devra être rapide pour maintenir un régime moteur élevé. Or, leur accélération et leur vitesse sont bien souvent ce qui détermine la durée de vie du moteur. Une vitesse accrue augmente l'intensité des charges auxquelles pistons et bielles sont soumis. En course les pistons peuvent subir une accélération de l'ordre de 9000 G et se déplacer à une vitesse de 25 m/s. C'est pourquoi la durée de vie d'un moteur de F1 est si courte : de l'ordre de 1 500 km comparés aux centaines de milliers de km de nos voitures de série. Pour diminuer la course du piston et donc sa vitesse, les ingénieurs ont tendance à augmenter son alésage (son diamètre). Mais la course ne peut pas être diminuée indéfiniment et quand le rapport alésage/course atteint les 2,25 des problèmes de combustion apparaissent, ce qui est néfaste pour les performances du moteur. De plus, quand la course des pistons est courte, le moteur est moins haut ce qui abaisse son centre de gravité et favorise un bon comportement dynamique de la monoplace.

 

    Les moteurs sont composés de plusieurs cylindres afin d'homogénéiser le cycle. Les mouvements des pistons engendrent des vibrations, la bonne dispositions des cylindres permet à ces vibrations de s'annuler partiellement entre elles.

 

 

Fonctionnement des soupapes


    Pour alimenter les cylindres en essence et en air, ainsi que pour permettre l'échappement des gaz après la combustion, les soupapes doivent s'ouvrir et se fermer à très grande vitesse selon un enchaînement réglé avec la précision d'une horloge suisse.


 

    Pour atteindre des régimes moteur de 19 000 tours/ min, les ingénieurs ont recours à des soupapes à rappel pneumatique. En effet, au delà de 13 000 tours/min, le système "classique" de soupapes à simple ou double ressort s'avère totalement inefficace car, à ce régime, les ressorts entrent en résonance et les soupapes "s'affolent", désynchronisant le cycle moteur et pouvant entraîner leur collision avec le piston ce qui détruirait le moteur. Dans les soupapes à rappel pneumatique c'est de l'azote (très stable à haute température) sous pression (environ 7 bars) placé dans un petit cylindre, qui joue le rôle de ressort. Lorsque la soupape s'ouvre le gaz est comprimé, la surpression dans le cylindre la pousse alors à se refermer. Pour prévenir toute baisse de pression, les Formules 1 possèdent un réservoir embarqué d'azote comprimé à 170 bars.

    La synchronisation ouverture /fermeture des soupapes est assurée par l'arbre à came. Dans un moteur il faut que l'arbre à came et le vilebrequin soient eux aussi synchronisés : le vilebrequin doit tourner deux fois plus vite que l'arbre à came. Dans les voitures classiques la liaison entre ces deux pièces est assurée par une courroie ou une chaîne, mais à des régimes moteur si élevés cette solution n'est pas applicable et elle est remplacée par un système d'engrenage de pignons, résistant à l'usure à vitesse élevée.

arbreacame.jpg        vilebrequin.jpg


Alimentation en air et en essence

 

    Plus la pression est élevée à l'entrée de la chambre de combustion, meilleure est l'admission. C'est sur ce principe que reposent les turbos, mais ces dispositifs de surpression sont interdits en F1, il a donc fallu trouver une autre solution pour élever la pression à l'entrée des cylindres.

    C'est la fonction de la boîte à air : l'air rentre dans un conduit situé au dessus de la tête du pilote, celui-ci s'élargit et aboutit à un gros filtre à air. Quand l'air arrive dans ce conduit dont le diamètre augmente il ralentit et se tranquillise ce qui augmente la pression à l'entrée du filtre à air. Après l'avoir traversé, l'air se présente à l'entrée des cylindres, au niveau des trompettes d'admission, là où se fait le mélange air/essence. Un moteur de F1 est très gourmand en air : environ 14 grammes d'air par gramme d'essence consommé, à plein régime il ne lui faut pas moins de 500 litres d'air par seconde pour fonctionner correctement ce qui n'est pas toujours facile à réunir ! La mécanique des fluides est complexe et il suffit parfois de peu de choses pour que le moteur étouffe.

 

    Les trompettes d'admission constituent l'entrée du conduit d'admission qui aspire le mélange jusque dans le cylindre. Leur forme est étudiée pour canaliser et tranquilliser le flux d'air sortant de la boîte à air et de le diriger vers les soupapes d'admission. Chaque trompette dessert un cylindre.

    A l'entrée du cylindre, l'air est arrêté par la soupape, quand celle-ci s'ouvre l'air est aspiré à l'intérieur du cylindre par le piston qui redescend en même temps qu'il est poussé par l'air sous pression dans la trompette d'admission. En effet, quand la soupape se referme, l'aspiration est coupée net, le flux d'air vers le cylindre est stoppé ce qui crée une suppression qui remonte dans la trompette d'admission. Pour simplifier disons que l'air "se bouscule au portillon" à l'entrée du cylindre. C'est ainsi que les motoristes se sont passés de l'usage de turbos tout en maintenant une admission très efficace.

    Quand à l'essence elle est désormais vaporisée à l'entrée des trompettes d'admission au lieu d'être injectée directement dans la chambre de combustion ou dans le conduit d'admission. Le mélange air/essence, pour être efficace se doit d'être parfaitement homogène. L'injection en amont des trompettes favorise l'homogénéité du mélange et évite que l'essence ne se dépose sur les parois du conduit d'admission ou sur la soupape, provoquant une perte de puissance par appauvrissement du mélange.

     En effet, la puissance développée par le moteur dépend de la richesse du mélange air/essence : un mélange enrichit en essence augmente la puissance moteur alors qu'un mélange appauvri la diminue et baisse par la même occasion la consommation de carburant. Ainsi, durant les courses, les pilotes disposent de différents réglages ou "cartographies" moteur modifiant la teneur en essence du mélange, ce qui permet d'alterner entre économie de carburant quand on est coincé dans le trafic ou gain de puissance quand la voie est libre. Toutefois, trop appauvrir le mélange peut provoquer une surchauffe du moteur. C'est bien connu, en F1, tout est question de compromis.

 

 

L'échappement

 

 

    Une fois que le mélange a explosé les gaz d'échappement doivent être conduits hors des cylindres. Plus leur élimination est efficace, meilleure est la capacité du moteur à aspirer de l'air pour le cycle suivant. La conception des conduits d'échappement est donc primordiale pour la performance.

En leur sein, deux phénomènes cohabitent :

    - Le déplacement du flux de gaz à environ 60 m/s et

    - La vibration du flux entraînant la formation d'une onde acoustique (un bruit) qui se propage dans les conduits.

    Chaque cylindre produit une onde acoustique, ce qui crée un réseau d'ondes qui doivent toutes être accordées (toutes doivent vibrer à la même vitesse, c'est à dire avoir la même longueur d'onde) pour que l'écoulement de la veine de gaz soit optimale. Ainsi les tuyaux doivent tous avoir le même diamètre et la même longueur avant leur raccordement, ce qui explique leur forme parfois très complexe.

 

 

    Les gaz sont expulsés de la voiture à une température de 950 degrés dans une zone de basse pression à l'arrière de la voiture ce qui demande un travail sur l'aérodynamique de l'aileron arrière. L'échappement se fait vers le haut pour protéger le flux d'air sous la voiture mais peut compromettre l'intégrité des suspensions arrières, c'est pour les protéger de la chaleur que celles-ci sont parfois recouvertes d'un film d'or.

 

 

Le refroidissement


    C'est le flux d'air qui entre dans les pontons de la monoplace qui assure le refroidissement du moteur. Pour que celui-ci soit efficace il faut donc que la voiture avance : plus elle va vite, plus la quantité d'air qui entre dans les pontons et qui passe par les radiateurs augmente. C'est pourquoi les Formules 1 chauffent si vite quand elles sont arrêtées ou au ralenti derrière le safety car. Les radiateurs sont des échangeurs thermiques, ils permettent de faire diminuer la température du liquide de refroidissement et de l'huile grâce à l'air qui circule à haute vitesse à l'intérieur. Pour récolter le plus d'air possible les pontons se trouvent à un endroit où la pression dynamique est élevée et le flux constant.

    Un moteur de F1 fonctionne correctement aux alentours de 100°C, cette température permet une combustion efficace et le bon fonctionnement des pièces moteur.

    Une fois que l'air a traversé les radiateurs, il est extrait par des ouvertures pratiquées dans la carrosserie et dont la forme et la taille dépendent du degré de refroidissement nécessaire, qui varie selon les circuits et les circonstances (qualification, course...). En général on peut observer des ouvertures en cheminée ou en ouïes, elles peuvent aussi être totalement occultées. Elles sont conçues pour perturber le moins possible le flux aérodynamique autour de la voiture.

 

 

 

La lubrification du moteur


    La lubrification permet de réduire les frottements appliqués aux pièces et ainsi de limiter leur usure tout en améliorant la puissance et la fiabilité du moteur. Le lubrifiant permet aussi l'étanchéité des cylindres et le nettoyage du moteur grâce à ses propriétés de dispersion et de détergence.

    Dans une voiture de série, le vilebrequin barbote dans un réservoir d'huile appelé carter, ce qui limite les frottements entre les pièces. Sur une Formule 1 il n'y a pas de carter, on parle de "carter sec". Une pompe, alimentée par un réservoir, qui envoie de l'huile dans le moteur puis elle est recueillie à l'aide d'une autre pompe pour être réinjectée dans le réservoir. Cette technique limite les frottements visqueux de l'huile sur le vilebrequin et l'absence de carter permet d'abaisser un peu plus le moteur et donc son centre de gravité. De cette façon on évite aussi que l'huile ne soit plaquée contre l'une ou l'autre des parois du carter quand la voiture prend un virage à haute vitesse ou freine brutalement.

    La qualité du lubrifiant est l'objet d'un développement constant. Plus la lubrification est efficace et permet une évacuation de la chaleur, plus les radiateurs assurant le refroidissement de l'huile et du liquide de refroidissement peuvent être petits, ce qui influence directement l'aérodynamique de la voiture.

 

 

Le carburant


   

    En F1, le carburant se doit d'avoir une composition constante, la moindre variation rendrait caduque le réglage du moteur. Cependant, l'essence utilisée n'est pas si éloignée de celle de nos voitures, elle s'enflamme mieux car son indice d'octane est plus élevé : 102 contre 88 ou 85 pour une essence classique, et elle est plus pure et plus contrôlée.

    De nos jours, les améliorations de la qualité du carburant visent principalement à améliorer la fiabilité du moteur et à diminuer la consommation.

       La consommation varie en fonction des circuits, du style de pilotage du pilote et du temps : la pluie peut augmenter, parfois jusqu'à 25%, la consommation de carburant. En F1, elle se calcule généralement en kg/tour. Une monoplace consomme environ 2,5 kg d'essence par tour soit environ 80 L/100 km. Si on fait le rapport puissance/consommation un moteur de F1 ne s'éloigne pas tant que ça de nos voitures. Par contre, il est beaucoup plus gourmand en huile puisqu'il en avale environ 10 L par course.

 

 

    En conclusion un moteur de F1 repose sur les mêmes principes qu'un moteur à combustion interne classique mais le niveau de performance qui lui est demandé impose une optimisation de toutes ses pièces et le développement de nouvelles solutions pour parer à tous les problèmes liées aux vibrations, aux accélérations et aux frottements rencontrés uniquement à ces très hautes vitesses. Bijoux de haute technologie dont les autorités veulent sans cesse réduire les performances, c'est sans compter sur l'ingéniosité qu'ont leurs concepteurs pour toujours les améliorer.

Par Sywel - Publié dans : Dossier Tech'
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Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /2007 17:59

2007, les changements


Cette année en F1, on peut dire que rien ne sera plus comme avant. Pilotes, ingénieurs, dirigeants, le jeu des chaises musicales a fait son œuvre pendant l’intersaison, mais au-delà du personnel, la réglementation a elle aussi été radicalement modifiée et la F1 repart sur de nouvelles bases.

Les pneus :

    Désormais il n’y a plus qu’un seul manufacturier de pneus, Bridgestone a  remporté l’an dernier l’appel d’offre lancé par la FIA. Cette mesure a été prise toujours dans la même optique de réduction des coûts. Ainsi, sur toute la saison 2007, les écuries verront mise à leur disposition une unique architecture et seulement quatre gommes différentes (Super Tendre / Tendre / Moyen / Dur). Le tout dans le but de ralentir les
voitures de 3 secondes au tour.
 
    A chaque Grand Prix, Bridgestone amènera deux types de pneu différents : des "primes", les pneus les plus durs et des "options", plus tendres. De plus, dans le but de donner un maximum d'informations aux spectateurs la FIA a exigé de Bridgestones que les deux types de pneus soient différentiables à tout moment. Ainsi les flancs des pneus tendres seront peints en blanc. Ceci aura l'avantage de dévoiler en partie les stratégies des écuries, et donc d'augmenter l'attrait du public.

 
    Au début de chaque week-end de Grand Prix chaque voiture dispose de 14 trains de pneus secs, 4 trains de pneus pluie et 3 trains de pneus pluie extrême. - Attention c’est ici que ça se complique - Le vendredi il sera interdit d’utiliser plus de 4 trains de pneus secs ainsi que d’utiliser plus de deux trains de la même spécification. Les trains non utilisés devront être rendus à Bridgestone avant les essais du Samedi matin. Chaque voiture se verra alors remettre 10 trains de pneus secs : 5 primes et 5 options, pour le reste du week-end. Mais sur ces 10 trains de pneus, Deux -un de chaque spécification- devront être retournés au manufacturier avant le départ de la qualif.
    Chaque pilote devra choisir son type de pneus pour la durée de la course, mais quel que soit son choix il devra obligatoirement passer durant le GP un train du type non retenu. Casse tête en perspective pour les tacticiens des écuries…


Les moteurs :

    Après d’interminables palabres, menaces de championnat parallèle, disputes entre écuries et législateur, tout le monde a fini par tomber d’accord sur le futur des moteurs de F1, ainsi que sur le gel des moteurs pour 4 ans.  Déposés à la FIA au soir du doublé des GP Chine/Japon l’an dernier, celle-ci a autorisé certaines modifications selon une liste bien précise : conduites d’admission et d’échappement, chambres de combustion, arbres à cames d’admission et d’échappement, poussoirs ou linguets compris, soupapes d’échappement et d’admission, forme des pistons et pissettes d’huile, axes de piston, pieds et paliers de bielle et débit d’huile vers ces paliers ont pu être retouchés par les écuries avant de remettre leur version définitive du moteur à la FIA le 1er Mars dernier. Cette version définitive ne pourra subir aucune modification interne pendant 4 ans, sauf avec l'accord de la FIA en cas de problème majeur de fiabilité.

La saison prochaine les caractéristiques du moteur seront les suivantes :

Base : Moteurs 2006 dans leur dernière version « 2 Grands Prix », version définitive remise à la FIA le 1er Mars
V8 de 2400 cm³, V à 90°
Régime maximal : 19 000 tours/min
4 soupapes par cylindre
Pistons et soupapes circulaires
Alésage maximal : 98 mm
Entraxe des cylindres : 106,5 mm
Poids minimal : 95 kg
Centre de gravité : minimum 165 mm au dessus du plan de référence
1 bougie, 1 injecteur et 1 bobine par cylindre
Matériaux exotiques interdits

    Le taux de renouvellement des pièces est donc tombé à 10% alors qu’il était de 95% l’an dernier. Le travail des motoristes se concentre maintenant sur l’amélioration de l’électronique et des accessoires périphériques.


Autre modification de la réglementation : dorénavant le Vendredi ne compte plus, le moteur pour la course et qui doit tenir deux Grands Prix sera installé le Vendredi soir après les essais et retiré Dimanche soir après la course. Ces moteurs couvriront donc moins de kilomètres qu’en 2006. Ce qui ne change pas : si un pilote doit changer ce moteur avant la course il perdra 10 places sur la grille de départ.


Les essais :

    Au cours de la saison 2007, les écuries auront droit à seulement à 8 séances d’essais collectives de trois jours avec une seule voiture, auxquelles s’ajoutent trois journées d’essais individuelles sur une piste laissée au choix de l’écurie avec la présence d’une deuxième monoplace autorisée, ce qui réduira le contingent imparti de moitié.
    Les week-end de GP ont eux aussi été modifiés : désormais il y aura deux séances d’essais libres de 1h30 le vendredi ( jeudi dans la cas de Monaco), de 10h à 11h30 et de 14h à 15h30. Le reste ne change pas : essais libres de 11h à 12h le samedi matin et séance qualificative à 14h divisée en 3 quarts d’heure avec à chaque fois élimination des 6 plus lents pour les Q1 et Qlf2, et super pole entre les 10 restant. (plus de précision sur Le format des qualifications)
    Les écuries auront le droit de faire rouler des pilotes additionnels le vendredi, à la condition que ceux-ci possèdent leur super licence et qu’il n’y ait jamais plus de deux voitures de l’écurie en piste. En effet, cette année les pilotes additionnels rouleront avec le matériel des titulaires, le mulet (voiture de réserve) étant relégué au fond d’un camion et utilisable uniquement en cas d’absolue nécessité. Reste à savoir si les écuries prendront le risque de laisser des « jeunes » utiliser le précieux matériel des titulaires …

Technique :


    Désormais les voitures devront peser plus de 605 kg tout au long du week-end de course, contre 605 kg en essais et 600 kg en course l’an dernier.
Cette année, étant donné qu’il n’y a plus de troisième voiture à proprement parler, la distribution des couleurs des caméras embarquées change : celle de la 1ère monoplace est rouge fluo, celle de la 2ème jaune fluo.


J’en ai fini avec ce petit tour d’horizon, non exhaustif, des nouveautés de l’année 2007. Espérons seulement qu’elles nous vaudront une saison spectaculaire avec toujours plus d’action en course.
Par Sywel - Publié dans : Dossier Tech'
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