Histoires vécues

Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 10:40

Fémin-F1 chez Renault F1
Tout savoir en quelques mots clefs (1)


Après vous avoir raconté dans un premier article mes impressions sur la visite de l'usine de Viry-Châtillon, voici en quelques mots-clefs ce que je retiens de cette expérience unique.



Amédée Gordini

On l'oublie (ou bien on ne le sait pas) mais l'usine Renault F1 de Viry-Chatillon porte le nom d'un gand homme de la course automobile : Amédée Gordini.


Celui qui fut surnommé "le Sorcier" a débuté comme mécanicien avant de devenir un pilote préparateur de génie, remportant de nombreux succès dans les années 1920 et 1930, dont les 24h du Mans avec une Simca 5. Devenu indépendant dans les années 1950, il n'a pas pu accéder à la F1 faute de moyens financiers. Il poursuit ensuite sa carrière avec Renault et notamment les mythiques Alpines Gordini qui remportèrent le rallye de Monte Carlo.


En 1977, l'usine Renault-Gordini est construite. C'est dans cette usine aujourd'hui agrandie que furent conçus tous les moteurs F1 de la marque française, mais aussi les R5 Turbo pour le rallye par exemple. Aujourd'hui, l'usine conserve le nom "Gordini". Elle emploie environ 200 personnes cette saison dont une grande partie d'ingénieurs mais aussi de mécaniciens, recrutés chez les titulaires de bac pro mécanique, spécialité moteurs de course. Il n'existe en effet pas de filière spécifique pour intégrer la F1.


Moteur

Cela va de soi, mais encore faut-il le rappeler : l’usine Amédée Gordini s’occupe exclusivement des moteurs F1 depuis le retour de la marque comme écurie en 2002. Tout ce qui relève du Renault Sport Technologies est basé aux Ulis et bien sûr toute la partie châssis de la F1 se trouve à Enstone (GB).


Enstone

Si le moteur est Français, la châssis lui est Anglais. L’écurie Renault fait en effet fi de la querelle millénaire entre Rosbifs et Froggies. C’est main dans la main et en toute harmonie que les équipes anglaises et françaises travaillent pour concevoir chaque saison une monoplace performante.


Le site d’Enstone est en fait celui de l’ancienne écurie Benetton que Renault avait racheté pour son grand retour en F1. Y sont conçus et fabriqués le châssis et la boîte de vitesse. Beaucoup de corps de métiers sont donc présents sur site puisque le dessin, les moulages, les peintures, les essais en soufflerie, etc… sont faits sur le site.


Ce sont environ 700 personnes qui y travaillent.

Moteur (bis)

Je ne vais pas refaire l’explication technique du moteur de F1, mais juste rappeler en quelques mots les caractéristiques principales du moteur actuellement. Les moteurs sont gelés ! Pas de développement importants donc de ce côté, mais cela ne signifie pas l’arrêt de l’activité sur le site de Viry car la recherche de la performance est toujours (et peut-être même surtout) de mise, même avec un champ d’action très restreint. D’autant que si l'évolution technique des moteurs est gelée, les règlements eux ne le sont pas… et les règles changeant chaque année, notamment quant à la durée de vie des pièces, il est nécessaire d’adapter les moteurs aux nouvelles contraintes qui apparaissent de saison en saison.


Les caractéristiques principales : V8, 2.4L, V à 90°, 95kg minimum, centre de gravité à 165mm minimum au dessus de la ligne de vilebrequin… Tout est précisé dans l’énorme règlement technique que produit chaque année la FIA !


Toutes ces contraintes réglementaires limitent d’autant la créativité des ingénieurs-moteur. Rappelons juste, concernant l’angle du moteur, que Renault avait expérimenté en 2003 le moteur à angle ouvert, et que les 2 titres mondiaux ont été remportés avec les moteurs RS25 et RS26 qui étaient à angle fermé ! L’obligation de l’angle droit a donc obligé les ingénieurs moteur à revoir leur copie…

Espionnage

L’affaire McLaren en 2007 avait ramené l’espionnage industriel au cœur de l’actualité. Mais lorsqu’on interroge nos interlocuteurs sur ce point, force est de constater qu’ils ne semblent pas très préoccupés par ce phénomène. Une sorte d’espionnage se fait bien sûr chaque week-end de course ou pendant les essais, toutes les écuries observant de près leurs adversaires… Néanmoins, en F1, se contenter de récupérer une idée qui fonctionne chez le voisin pour la mettre sur sa propre auto, côté moteur comme châssis, peut s’avérer très contre-productif, tant les philosophies de conception diffèrent d’une écurie à l’autre. Il suffit de regarder les châssis cette année pour voir les grandes différences existant entre les écuries. Il en va de même pour les moteurs.

Moteur Renault

Chez Renault, comme dans chaque écurie, les équipes d’ingénieurs ont développé leur propre philosophie dans la conception du moteur. L’un des point les plus marquants dans le moteur Renault est son emplacement. Situé très bas, le moteur est boulonné directement sur le fond-plat. Il participe ainsi de la rigidité de la caisse.


Cette position très basse du moteur est un choix assumé de l’écurie. Cela n’est pas sans conséquence. Le moteur étant au plus près de la piste, il est plus sensible aux chocs. Et nos interlocuteurs nous ont avoué que lors de certains passages de vibreurs un peu musclés, c’est toute l’équipe qui serre les dents, espérant qu’aucune pièce du moteur ne cède… Quand on sait comment Alonso notamment, prend les vibreurs, on ne peut que saluer la solidité du moteur Renault qui reste l’un des plus fiables.


Le moteur Renault équipe depuis 2007 l’écurie RedBull. Il s’agit exactement du même moteur, seuls les points d’ancrage dans la carrosserie varient afin de l’intégrer dans un châssis différent. Toute l’équipe de Viry était donc satisfaite ce mercredi 24 juin car leur moteur venait de signer un doublé à Silverstone…


Bien sûr, ils préfèreraient voir « leur » voiture gagner, mais la victoire de leur moteur est déjà une belle récompense. Un poster saluant ce doublé a même été édité et affiché dans l’usine !


Conception

La conception d’une Formule 1 demande du temps : 2 ans pour la voiture et 18 mois pour le moteur. Si l’usine d’Enstone s’occupe tant de la conception que de la fabrication, il en va différemment à Viry-Châtillon où seule la conception est présente sur le site. La fabrication des quelques 4.000 pièces du moteur est déléguée aux près de 80 fournisseurs de l’écurie.

 

 

La conception se fait dans le bureau d’études où sont regroupés tous les départements ingénierie. Elle se fait par le biais d’un logiciel de CAO classique que Renault a « customisé » pour l’adapter à ses besoins.


Toutes les pièces de la monoplace sont intégrées dans un arbre auquel tous les ingénieurs, des deux côtés de la Manche, ont accès en temps réel. Il suffit de remonter l’arbre pour accéder aux pièces qui intéressent et en un clic, il est possible de visualiser la pièce en 3D et d’en connaître toutes les caractéristiques. On peut ainsi voir une pièce, tout le moteur ou toute la monoplace. Avec un « scanner » nous avons ainsi pu admirer la R26 sous toutes les coutures. Cela permet de voir l’emplacement du moteur dans le châssis, de déceler d’éventuels frottements par exemple. C'est important car le moindre détail peut entraîner d’importantes conséquences sur la performance de la voiture. Ainsi, des échappements (qui montent très haut en température) très proche de la carrosserie peuvent la faire "cramer" . La voiture ne prend pas feu, mais la carrosserie, en résine et fibres de carbone, brûlée modifie les flux d’air à ce niveau, perturbant toute l’aéro de la voiture et donc sa performance.


Concernant particulièrement le moteur, une routine intégrée dans le logiciel de CAO permet de peser en permanence le poids total du moteur et de mesurer son centre de gravité. Ainsi, une alerte apparaît dès que les normes ne sont plus respectées.


Contrôles

Des contrôles sont bien sûr effectués par la FIA quant à la conformité des moteurs aux normes en vigueur. Ils ont lieu à l’usine et non sur les circuits où les contrôles portent d’avantage sur le respect de la règle des 8 moteurs par pilote pour la saison. Les contrôles de conformité en usine portent eux sur les caractéristiques intrinsèques du moteur : poids, centre de gravité, angle, etc…

 

 

Plus que les contrôles de la FIA, ce sont ceux effectués par Renault qui sont les plus importants. Chaque pièce est contrôlée plusieurs fois. Les moteurs sont montés, démontés, remontés, et chaque pièces est testée, examinée, contrôlée. En effet, les contrôles sont systématiques. Aucune pièce ne peut aller sur un circuit sans avoir été testée et approuvée au préalable.

 

 

Une fois la course terminée, les moteurs sont encore une fois démontés et les pièces sont « autopsiées » afin de déceler la moindre faiblesse.

 

Tout cela n’a qu’un objectif : performance et fiabilité.

Montage

Si les moteurs sont montés, démontés, remontés avant chaque course, cela ne se fait pas en quelques heures. Il faut en effet 2 jours à 2 personnes pour assembler un moteur. Sur le site de Viry-Châtillon, seuls les moteurs prototypes sont montés. Les moteurs de course eux sont assemblés à Mecachrome, partenaire de Renault depuis 30 ans, selon les instructions des ingénieurs de Renault F1.

La suite... demain !


En attendant, n'oubliez pas de jouer au quizz Renault F1 - Authentics, plus que deux jours pour gagner un week-end VIP à Valence auprès de l'écurie Renault.

Par Marie - Publié dans : Histoires vécues
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 08:38

Fémin-F1 chez Renault F1
Invitation à Viry-Chatillon


A l’occasion du jeu-concours organisé par Renault-F1 auprès des blogs, une visite de l’usine de Viry-Châtillon a été proposée à l’une d’entre nous.

Accompagnée de 4 autres bloggeurs, j’ai pu visiter le bureau d’études / essais, les ateliers de montage et d’électronique et les bancs d’essais qui ont vu défiler un certain nombre de moteurs Champions du monde. Car si Renault F1 est revenu comme écurie à part entière en 2002, il ne faut pas oublier le prestigieux passé de la marque en tant que motoriste : 6 titres consécutifs entre 1992 et 1997, c’est un magnifique palmarès !

C’est donc dans un monument du sport auto que j’ai eu la chance de pénétrer. Il est impossible de raconter exhaustivement cette matinée à Viry, mais voici en bref les points les plus marquants !

Le plus sympa

Nous ne sommes que 5 bloggeurs présents, accompagnés par 3 membres de Renault F1 (dont une femme !), plus un ingénieur qui nous expliquera le travail au bureau d’études. Nous sommes très bien accueillis et c’est un échange assez informel qui s’installe !

Le plus frustrant

Mais c’était prévisible : No photo.
Il vous faudra donc vous contenter de mes mots pour vous faire une idée de ce que j’ai eu la chance de voir.

Le plus instructif


Afin de mieux comprendre le travail au sein du bureau d’études, nous avons eu droit à une démonstration du logiciel de CAO. Évidemment, ce n’est pas la R29 que nous avons pu examiner, mais la R26 championne du monde. Le logiciel nous permet de voir différentes pièces et de comprendre comment fonctionne la coordination en temps réel entre Viry et Enstone.

Le plus «fun» pour moi dans cette démonstration fut de voir la monoplace passée au scanner pour nous dévoiler son squelette. A l’avant, on passe vite, il n’y a pas grand chose à voir. Au niveau de l’assise du pilote, on voit parfaitement le réservoir entourer complètement le baquet. Évidemment, sur la R26 il n’y avait pas de KERS, mais l’ingénieur nous montre où il serait placé, soit en gros, sous les fesses du pilote. Décidément, on fait vraiment plus confortable comme poste de conduite ! D’autant qu’il nous est confirmé que le siège est vraiment vraiment très dur. Pauvres pilotes…

On continue de remonter le long de la monoplace et on arrive sur le moteur avec les échappements bien visibles, puis pour finir, c’est l'imposante boîte de vitesses ; boîte conçue non pas à Viry-Châtillon, mais à Enstone, raison de plus pour travailler en parfaite coordination entre les 2 usines.

Le petit plus supplémentaire est que nous avons à un mètre de nous un V10 qui nous permet de voir « en vrai » ce qui nous est montré sur l’écran. Du coup, c’est très facile de suivre le discours de l’ingénieur… même sans avoir fait de mécanique1 !

Une autre animation nous permet de voir toute l’aéro de la voiture avec les éléments aujourd’hui disparus en rouge, et les éléments modifiés en jaune… L’occasion de voir qu’en 3 ans seulement, c’est une énorme proportion de la carrosserie qui a été touchée par les évolutions réglementaires. Ces changements ne sont pas sans conséquence pour le moteur, car ainsi que nous l’explique l’ingénieur, les nouveautés aéro ont entraîné de gros changements pour le refroidissement avec la disparition de petites cheminées qui équipaient la R26 notamment.

Quant à l’esthétique de la voiture, c’est unanime, les F1 version 2009 ne sont du goût de personne ! La disproportion des ailerons est particulièrement montrée du doigt… mais nous sommes tous également d’accord pour dire que ce n’est qu’une question d’habitude, et que bientôt, même la « table à repasser » qui sert d’aileron avant ne nous choquera plus…


Le plus étonnant

On parle beaucoup de la recherche de légèreté en F1. Le poids minimal autorisé est de 605kg, voiture + pilote. Chaque kilo en plus, c’est des millièmes voire des centièmes de seconde de plus au tour… et sur une course, ça se voit fortement ! Du coup, les écuries cherchent à ne pas dépasser ce poids minimum… tout en recherchant le meilleur équilibre grâce aux lests savamment dispatchés dans la monoplace. Les pilotes ont fait les frais de cette politique : plusieurs kilos en moins pour tout le monde… ils n’étaient déjà pas bien épais avant cela ! Les pilotes soumis à une forte diète et plus légers, c’est bien pour l’auto, mais il ne faudrait pas que cela se transforme en dérive et en course aux kilos… Pilotes anorexiques, ça ne serait vraiment pas glamour !

La chasse aux kilos doit donc surtout porter sur la voiture. Bien sûr, le carbone est très léger. Une pièce comme le capot moteur ne pèse que 15 kg par exemple. Mais cela vaut pour tous les éléments de la voiture, le moteur ne fait pas exception. Il faut avoir eu dans ses mains des pièces de moteur (bielles, trompettes, soupapes, etc.) pour vraiment se rendre compte de leur légèreté. C’est étonnant !

Pour ma part, j’ai complètement craqué sur les soupapes… toutes mimi avec leur fine couche de carbone ! J’adore !

Le plus inattendu

Après le bureau d'études et l'atelier de montage, nous passons devant des moteurs mythiques : les fameux moteurs turbo. Impressionnant !!! De monstres mécaniques...

A la fin de la visite, nous nous trouvons nez à nez avec 7 moteurs. Pas n'importe quels moteurs, 7 moteurs champions du monde !

Les 6 premiers datent des années 90, se sont les 6 moteurs qui ont remporté les 6 titres constructeurs mondiaux entre 1992 et 1992 avec Williams et Benetton (1995). 5 de ces titres étaient accompagnés du titre pilote : Mansell, Prost, Schumacher, Hill et Villeneuve.


Le 7ème moteur est le RS26 qui a remporté le titre constructeur et pilote avec Alonso.

L'inattendu ce n'est pas le palmarès de Renault. C'est la différence flagrante qui peut exister entre les moteurs. Même une néophyte comme moi ne peut faire autrement que voir l'évolution "physique" des moteurs. La forme, la taille, les matériaux... tout a évolué.

Le plus flagrant ? La quasi omniprésence du carbone aujourd'hui !

Le plus impressionnant

Sans conteste les bancs d'essais !
L'un des bancs fonctionnait à notre arrivée. Nous avons donc vu et entendu le moteur fonctionner seul, relié à des machines. Le spectacle du moteur "nu" dans cette salle vitrée et insonorisée m'a fait penser à une chambre d'hôpital genre soins intensifs, réa, ou cabine de scanner, avec plein de machines autour du lit.



Les deux personnes présentes sur le banc nous expliquent qu'elles testent les bobines d'allumage. Une fois arrivé à température, le moteur est lancé jusqu'à 18000 tours minute, la limite cette année. Sur les écrans des courbes de toutes les couleurs et de toutes les formes dansent. Évidemment, je ne saurais dire à quoi ça correspond, et je reporte mon attention sur le moteur derrière la vitre.

Pour nous montrer la chaleur qui se dégage du moteur, notre guide éteint la lumière de la salle, et en quelques secondes, couleur orange-rougeâtre, apparaissent les échappements.



Cette couleur feu est impressionnante et captivante. J'avais presque l'impression entre le bruit et cette couleur chaude, de voir un animal se réveiller ou prendre vie. C'est réellement impressionnant, voire fascinant. J'en profite vraiment, car je sais que je n'aurais pas de sitôt l'occasion de revoir ce spectacle.

Le plus "clin d'oeil"

A la fin de la visite, nous parcourons un couloir avec des très belles photos, originales ou drôles, dans lesquels des grands champions ayant couru avec un moteur Renault sont mis en scène de façon inédite.

Nous n'avons pas trop le temps de nous attarder et nous entrons dans la dernière pièce. Une pièce rappelant toute l'histoire de Renault en F1. Un petit salon en quelque sorte, avec dans les vitrines des trophées remportés par l'équipe, et notamment les 2 trophées de Fernando Alonso remportés en 2008. L'un d'eux représente une nouvelle page d'histoire : la coupe de Singapour, celle du premier vainqueur de la première course nocturne de F1 !

Le plus original de cette pièce, est un mur entièrement réalisé avec des culasses peintes en argent. Très marrant ! Une touche artistique...

Enfin, un mur est entièrement recouvert de portraits en noir et blanc... Ce sont tous les pilotes qui ont un jour couru avec un moteur Renault. Le mur est plein... mais il manque encore quelques pilotes dont Vettel !

On parcourt tous ce mur des yeux, étonnés de voir des visages parfaitement inconnus côtoyer des figues mythiques de la F1...

C'est une belle conclusion à cette visite.

Enfin, le plus rassurant

La F1 reste la F1. Et malgré toutes les contraintes de règlement, malgré l'impression d'avoir toujours atteint les limites, toutes les équipes de Renault, et toutes les écuries, cherchent toujours et trouvent chaque fois un moyen de dépasser les limites et de faire encore mieux...

En entrant dans l'usine, nous étions encore dans la crainte de la disparition de la F1 à cause de la guerre FIA / FOTA... En rentrant chez moi, après cette visite, l'armistice était signé... Deux raisons d'être rassurée et de croire que je pourrais encore vivre ma passion pendant quelques années.


Un grand merci à Renault F1 et à tous nos interlocuteurs pour avoir choisi Fémin-F1, pour nous avoir accordé du temps et pour m'avoir offert l'incroyable opportunité de voir un peu les coulisses de la F1. Merci encore.
_______________________________________

1 - Si vous voulez mieux connaître le fonctionnement du moteur, n’oubliez pas d’aller faire un tour dans notre dossier technique.
Par Marie - Publié dans : Histoires vécues
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 18:00
Mes premières 24h du Mans
par Thibaut


Habitant depuis peu au Mans, j'ai saisi l'occasion d'assister pour la première fois de ma vie aux 24h. Un rêve d'enfance qui s'est réalisé ? Presque. Si mon premier amour est incontestablement la Formule 1, j'ai découvert les 24h à la fin des années 1980, à l'époque des duels entre les Jaguar "Silk Cut" et les "Flèches d'Argent" Sauber Mercedes. Puis est venue, en 1991, l'épopée de la Peugeot 905, voiture qui m'a toujours fasciné. Depuis, par l'intermédiaire de la petite lucarne, je n'ai pas raté une seule édition de cette course mythique.

Les 24h du Mans ne durent pas juste le temps d'un double tour de cadran. La ville vit au rythme de la plus célèbre course d'endurance du monde pendant une semaine entière. Tout commence le lundi et le mardi par les vérifications techniques et administratives qui ont lieu en plein centre ville, au pied de la cathédrale, Place des Jacobins. L'occasion pour le public d'approcher les voitures.



Malheureusement pour moi, travail oblige, je ne peux y passer que quelques minutes, tout juste le temps de croiser Emmanuel Collard et sa Porsche RS Spyder, future gagnante en catégorie LMP2.

Mercredi midi, au détour d'une rue piétonnière du centre ville, j'ai la surprise de tomber quasiment nez à nez avec Tom Kristensen, Allan McNish et Rinaldo Capello, qui répondent à des journalistes et signent sans déplaisir des autographes aux badauds présents. Les trois hommes ne sont évidemment pas dans ce quartier par hasard : il suffit de baisser les yeux pour y découvrir, comme sur Hollywood Boulevard, les empreintes de pieds et de mains des anciens vainqueurs.

C'est donc pour honorer la tradition que l'équipage tenant du titre est présent.

Le mercredi soir ont lieu les essais libres. Fatigué par ma journée de travail, je n'ai pas l'intention d'y aller. Mais en arrivant à proximité de mon immeuble, pourtant situé à près de 6 km du circuit, j'entends au loin le bruit des moteurs, comme le chant des sirènes. L'envie est trop forte ! Changement de programme immédiat, tout juste le temps d'avaler quelque chose et je saute dans ma voiture direction le circuit. En 15 minutes, je suis sur place, mais le plus dur reste à faire, trouver une place pour se garer ! Malgré une météo détestable et alors qu'il ne s'agit que d'essais libres, les abords du circuit sont déjà combles. Tourner en rond à la recherche d'une place alors que j'entends les bolides si proches : une vraie torture ! Finalement, je trouve mon bonheur et accède au circuit peu après la célèbre passerelle Dunlop. Immédiatement surgit une Audi R15, diabolique d'aisance et de vivacité malgré les conditions d'adhérence précaire. Rapidement, un premier constat s'impose : au Mans, contrairement à la F1, chaque voiture a sa propre signature sonore. A chaque extrémité du spectre auditif, on trouve la Corvette C6-R, et son V8 très rauque, et la Lola Aston-Martin dont le V12 joue des harmonies aiguës proches de la F1. Et les protos turbo-diesel ? Décevants pour le mélomane puisque tant la Peugeot que l'Audi semblent évoluer avec une sourdine.

Jeudi soir, nouvelle incursion sur le circuit, pour les qualifs. Sagement, j'abandonne la voiture et opte pour le tramway, qui en une vingtaine de minutes, m'amène du centre-ville pour me déposer à deux pas du virage du Tertre Rouge. L'occasion de poursuivre mes repérages en prévision de la course et de tester de nouveaux emplacements. Les esses du Tertre Rouge offrent de belles possibilités de voir évoluer les voitures sur une longue portion.

Vendredi, les pilotes désertent le circuit pour retrouver le centre ville, à l'occasion de la grande parade des pilotes, institutionnalisée au milieu des années 1990. Sur un tracé de 5 kilomètres, chaque équipage défile dans une voiture ancienne au milieu d'une foule particulièrement dense et bon enfant. Ce qui n'exclue pas quelques ratés, comme les supporters danois au milieu desquels j'ai pris place et qui ne peuvent s'empêcher de huer les équipages Peugeot, rivaux de leur idole Tom Kristensen. Amusant d'observer les réactions des pilotes ainsi malmenés : Sébastien Bourdais se lève et harangue la foule en serrant les poings, Alexander Wurz se moque gentiment, et Nicolas Minassian, hilare, balance le contenu de sa bouteille d'eau minérale sur les turbulents Vikings. Évidemment, c'est moi qui ai pratiquement tout pris !
A l'applaudimètre, l'incontestable vainqueur est l'acteur Patrick Dempsey. Loin de jouer les stars intouchables, le "Docteur Mamour" joue totalement le jeu et, tout sourire, debout dans sa voiture, fait crépiter les flashs et crier ses admiratrices. Pour ma part, j'aurais surtout été sensible au charme de Vanina Ickx, seule femme présente au départ, et au sourire renversant.





















Samedi, jour de course ! Arrivé sur le circuit dès 11h, soit 4h avant le départ, histoire de m'assurer une bonne place, je décide de m'installer dans les Esses du Tertre Rouge. Je sacrifie ainsi le long cérémonial d'avant course ainsi que le départ, qui il est vrai a perdu beaucoup de son charme depuis que le départ "type Le Mans" (voitures garées en épi, et pilotes traversant la piste en courant pour monter à bord) a été abandonné en 1970. Me reviennent alors en tête les images incroyables de Jacky Ickx en 1969 traversant la piste en marchant pour manifester son opposition à ce type de départ...Lors des tours de mise en grille, je constate que les Danois sont loin d'avoir le monopole du chauvinisme bêta puisqu'une partie du public français hue abondamment le passage des Audi. Rien de bien méchant, mais pour l'esprit sportif, on repassera. Assez triste quand on pense à la fidélité exemplaire de la marque aux anneaux à la classique mancelle depuis près de 10 ans.

Après une première heure de course particulièrement riche en émotions, le public s'éparpille et je fais de même, cherchant désespérément de quoi lutter contre le soleil de plomb qui s'abat sur le circuit. A cette occasion, je découvre les tarifs prohibitifs pratiqués par les différentes buvettes qui bordent le circuit (3 Euros pour une bouteille d'eau minérale de 50 cl !). Au gré des ravitaillements, pas évident de conserver le fil de la course : les classements sont difficilement lisibles sur les écrans-géants, les haut-parleurs qui diffusent "Radio Le Mans" ne sont pas toujours audibles et la voix des speakers recouverte à chaque passage de voiture. La solution idéale (mais à 10 Euros) : acheter une mini-radio permettant d'avoir "radio Le Mans" dans l'oreille en permanence. Encore mieux (mais encore plus chère !) la "Kangaroo TV", une TV portative qui donne accès au signal international et à tous les datas. J'opte pour la radio mais renonce à la TV.

A 21h30, contrairement à certains courageux qui ont décidé de passer la nuit sur place, je quitte le circuit pour rentrer chez moi. Il faut dire que l'état des emplacements spectateurs, véritable décharge à ciel ouvert, sur lesquels se sont entassés au fil des heures des milliers de canettes de bière et de barquettes de frites, n'incite pas vraiment au camping sauvage. La faute à l'indiscipline des spectateurs ? Pas seulement. 1h après le départ, trouver une poubelle ne débordant pas relevait déjà de l'exploit.

Retour sur le circuit à 7h00 dimanche matin. Et déception, car le choc des titans entre Audi et Peugeot a tourné court : la seule Audi encore dans le coup pointe à 2 tours des Peugeot de tête, et dans le clan français, les positions ont déjà été figées afin d'éviter un affrontement fratricide. A 11h, de nouveaux ennuis relèguent l'Audi n°1 à 6 tours, anéantissant les ultimes espoirs d'une arrivée à suspense. Les dernières heures de course sont une longue procession sans grand intérêt, mais l'émotion est de mise lorsque dans la dernière demi-heure, les 3 Peugeot se regroupent et font se lever les tribunes à chacun de leurs passages. Malgré un scénario de course un peu décevant, remporter les 24h du Mans reste un véritable exploit et les Lionnes méritent bien leur ovation.


15h, trop éloigné de la ligne droite des tribunes, je fais l'impasse sur le traditionnel envahissement de la piste et quitte directement le circuit sans passer par la case podium. Fatigué, mais en me faisant intérieurement la promesse que je reviendrais l'an prochain. Et vous ?
Par Thibaut - Publié dans : Histoires vécues
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés