Culture F1 & histoire

Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 16:31

 

Le saviez-vous ?


La grève des pilotes en 1982... et en 2008 ?


Pour tout pilote de F1 il est un sésame pour prendre le volant d'un bolide en course. Il s'agit de la Super Licence délivrée par la FIA. Pour obtenir ce "permis de conduire", un débutant doit avoir effectué un minimum de 300 km d'essais en F1 et tous les pilotes doivent payer de leur poche une certaine somme. Car bien sur, comme toujours en F1, le précieux papier n'est pas gratuit et c'est d'ailleurs le nœud d'un conflit qui oppose actuellement les pilotes et la FIA.


En 2007, la Super Licence coûtait 1690€ plus 447€ par point inscrit lors de la saison précédente. Mais pour 2008, le Conseil Mondial a approuvé une augmentation de cette licence : 10 000€ et 2000 € le point. Cette inflation est justifiée par la promesse de réinvestir la somme récoltée dans la sécurité.


Seulement les pilotes grincent des dents, et le GPDA (Grand Prix Drivers' Association) monte au créneau pour défendre ses intérêts. Fernando Alonso, un des directeurs : "C'est un problème très sérieux, et nous en discutons depuis plusieurs réunions du GPDA. Nous devons encore nous mettre d'accord, mais nous sommes tous du même avis qu'il n'est pas juste que les couts augmentent de 500 à 600% d'une année à une autre. Ces prix sont ridicules. J’ai aujourd’hui la chance d’avoir un bon contrat mais si j’avais dû payer autant il y a trois ou quatre ans, ça aurait été une s omme importante à débourser pour moi. La FIA nous prend au sérieux quand nous les pilotes on leur parle de sécurité, mais quand on fait des remarques sur d’autres points, là elle ne nous écoute pas beaucoup.”
Ce à quoi le président Mosley répond savoureusement : “Si on me proposait un boulot à 20 millions d’euros par an et qu’on me demandait de payer 250.000 euros pour l’exercer, j’accepterais sans hésitation.”


Alors certes, la plupart des pilotes ne sont pas à plaindre, mais avec la multiplication des baquets "payants" et les difficultés qu'ont certains jeunes pilotes talentueux à accéder à la F1 faute de moyens suffisants, on peut se demander si cette augmentation est pertinente. Et à l'heure où la FIA veut réduire le budget des équipes, force est de constater qu'elle ne compte pas, elle, se serrer la ceinture.


Pour assoir ses propos le pilote espagnol va même jusqu'à brandir la menace d'une grève : "C'est quelque chose dont nous devons nous occuper, mais je ne sais pas quelles seront la solution et la décision que nous prendrons, même si une grève à Silverstone est à classer au rang des possibilités."


La FIA ferait bien de se méfier, car il y a déjà eu un précédent de grèves des pilotes, à propos de la Super Licence déjà, et ils avaient eu gain de cause.



Un peu d'histoire ?

Pour la saison de F1 de 1982, la FISA (Fédération Internationale du Sport Automobile) en accord avec la FOCA (Formula One Constructor Association menée Bernie Ecclestone) décida d'instaurer une super-licence obligatoire pour tous les pilotes désirant participer au championnat.
Si l'idée générale d'une super-licence ne gênait pas les pilotes certains points du texte posaient problème car ils réduisaient leur liberté contractuelle :
• l'article 1 disposant que les pilotes devaient inscrire la date d'expiration de leur contrat avec leur employeur alors que la "super-licence" n'est délivrée que pour une saison ;
• l'article 5 disposant que les pilotes s'engageaient à ne pas faire de tort aux intérêts matériels et moraux ou à l'image du championnat du monde de Formule 1.

Sous la pression des écuries, la plupart des pilotes signèrent le contrat à contre cœur mais le GPDA, emmené par Pironi et Lauda, signifia que les pilotes demandaient un aménagement du texte ou cela serait la grève. La FISA refusa et menaca de suspendre les pilotes.
Ainsi le jeudi matin, jour des premiers essais du grand prix d'ouverture de la saison 1982 à Johannesburg en Afrique du Sud, Pironi entraina tous les pilotes à le suivre dans un hôtel. Tous, y compris Piquet et Patrese les pilotes Brahbam l'écurie de Bernie.
De retour sur le circuit, Didier Pironi tenta de faire changer d'avis Jean-Louis Balestre le président de la FISA. Mais il échoua et la fédération suspendit les 31 pilotes… à vie ! En laissant toutefois une dernière chance : ceux qui se présenteraient le vendredi entre 8h et 9h sur le circuit ne seraient pas sanctionnés.
Malgré quelques dissensions à cause de la pression des patrons d 'écuries, les pilotes décidèrent de faire bloc et de ne pas céder. Ils passèrent donc tous la nuit à l'hôtel dans un dortoir improvisé. Gilles Villeneuve et Elio De Angelis leur offrant même un concerto improvisé. Seule fausse note : Teo Fabi craquant sous la pression de son directeur d'écurie se désolidarisa du mouvement en partant en pleine nuit (il fut puni de "sa trahison" en cassant son moteur lors des essais et ne participa pas à la course).

Le vendredi matin, Pironi trouva un arrangement et à 10h tous les pilotes participèrent aux essais comme si de rien n'était mais avec la promesse que le texte serait réexaminé.

Après la course, remportée par Alain Prost, la FISA voulut suspendre les grévistes. La sanction fut rapidement transformée en amende, elle-même réglée par les écuries. Les pilotes du GPDA avaient remporté leur bras de fer.

Commentaires de Didier Pironi quelques jours plus tard dans sa chronique à
Auto-Hebdo :
"Outre la manifestation de notre force et de notre cohésion, ce week-end de Kyalami a eu le mérite de changer notre état d'esprit après notre nuit d'hôtel forcée. Il a suffi d'une trentaine d'heures passées ensemble, dans l'intimité de chacun, pour que les simples affinités sportives soient largement dépassées. Vendredi matin, lorsque nous nous sommes retrouvés sur la piste, l'ambiance était totalement différente. Nous nous connaissions enfin ! Nous allions courir entre amis et non plus entre adversaires étrangers. Un vrai déclic. En tous cas, l'expérience humaine la plus sincère que j'aie jamais vécu."



Une bien belle cohésion dont les pilotes actuels feraient bien de s'inspirer s'ils veulent avoir gain de cause cette fois encore.
  De gauche à droite : Webber, Kubica, Coulthard, Alonso et De La Rosa
les représentants du GPDA à Magny-Cours
Par Marnie (avec l'aide de Césaris, Merci !) - Publié dans : Culture F1 & histoire
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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 11:53
Le saviez-vous ?


Juan-Manuel Fangio enlevé à la veille du Grand-Prix de Cuba.

undefined Juan Manuel Fangio est mondialement connu pour ses 5 titres de champion de monde, pour sa vitesse, pour son style de pilotage. Surnommé "l'as du volant", il restera l'un des plus grand pilotes de l'histoire du sport automobile.


Mais saviez-vous qu'il y 50 ans, il avait été enlevé ? Le 23 février 1958 exactement. Il restera séquestré 26 heures. Voici l'article paru dans Le Monde, le 26 février 1958, lendemain du Grand-Prix de La Havane, concernant sa libération...



Le Monde - 26 février 1958
Fangio a été libéré

JUAN MANUEL FANGIO, l'as du volant cinq fois champion du monde, enlevé dimanche alors qu'il bavardait avec des amis dans le hall de son hôtel à La Havane par les rebelles cubains s'opposant au gouvernement Batista, a été libéré hier soir et discrètement reconduit en voiture un peu avant minuit à l'ambassade d'Argentine, sain et sauf.
Aux journalistes qui l'ont aussitôt assiégé de questions, il a répondu avec un large sourire : "Je me sens en pleine forme. J'ai été magnifiquement traité. Ma détention a quand même été mouvementée, et j'ai changé trois fois de maison et trois fois de voiture en vingt-quatre heures. J'ai toujours été tranquille sur mon sort. Ma seule inquiétude était de ne pouvoir communiquer avec ma femme."

Fangio, tout en se montrant discret sur ses ravisseurs et le lieu de sa détention, a insisté à plusieurs reprises sur la parfaite correction des rebelles, qui lui auraient expliqué les but poursuivis par le Mouvement du 26 juillet lié à Fidel Castro, débarqué depuis plus d'un an sur l'île, et se seraient excusés d'avoir eu à agir de la sorte à son égard. Le champion a lui-même demandé que sa libération soit négociée avec le secrétaire de l'ambassade d'Argentine, qui s'est conformé aux indications des ravisseurs et a retrouvé Fangio seul dans la maison indiquée par téléphone.

Cependant, le Grand-Prix automobile de La Havane, commencé hier après-midi avec un retard de deux heures, a dû être suspendu à la suite d'un grave accident survenu vingt minutes environ après de départ.



Plus tard, Fangio dira à propos son enlèvement et en référence à ce carambolage mortel : « Cet évènement m'a peut-être sauvé la vie »

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C'est également il y a 50 ans que Fangio mit fin à sa carrière à 47 ans après avoir vu une trentaine de ses amis mourir sur la piste. L'as du volant mourut lui d'une crise cardiaque à l'âge de 84 ans, le 17 juillet 1995. L'Argentine décrèta trois jours de deuil national pour son quintuple champion du monde et héros national.


~*~*~*~*~*~*~*~*~*~



Un enlèvement qui fini bien ne peut nous faire oublier le sort des milliers d'otages en Colombie, victimes eux-aussi d'un affrontement entre pouvoir en place et rebelles. Et bien sûr, parmi ces otages, il y a toujours Ingrid Betancourt, détenue depuis 7 ans.

Pour combien de temps encore ?

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Par D'in - Publié dans : Culture F1 & histoire
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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 22:10
Le saviez-vous ?


Quel est cet hymne de la Victoire ?


Chaque Grand-Prix se conclue toujours par la cérémonie du champagne sur le podium. Juste  avant, la même musique retentit chaque fois. Quelle est-elle ?  Aussi étrange que cela puisse paraître, le morceau choisi pour saluer le vainqueur de la course est un extrait de Carmen, plus précisément la suite n°1 intitulée « les Toreadores ».
Ce thème ouvre l’opéra magnifique de Georges Bizet. On le retrouve également à la fin, juste avant que Carmen ne meurt poignardée par son amant jaloux, le brigadier Don José. Dans cet air, on retrouve les thèmes forts de la corrida et la mort. Il est lié à l’idée du destin. Faut-il y voir un symbole ? 220px-Nike-of-Samothrake-Louvre-Ma2369-n4.jpg


D’un point de vue plus féminin, il est remarquable que la musique célébrant la victoire des pilotes, plus que majoritairement des hommes, soit extraite d’un opéra célébrant la femme libre. En effet, Carmen est un récit passionné construit comme un hymne à l'amour et à la liberté puisque l’héroïne est une bohémienne qui revendique haut et fort son goût pour la liberté et l'amour sans contrainte. Elle est le symbole parfait de la femme fatale, indomptable et envoûtante. Caractères que la belle Carmen partage avec la Victoire que peu de pilotes auront la joie de connaître.
Par D'in - Publié dans : Culture F1 & histoire
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