Histoires vécues

Dimanche 27 mai 2007 7 27 /05 /Mai /2007 10:43
Monaco jour après jour :

Samedi 26 mai, 3e jour des filles commisaires de course


Après deux jours d'observation, nous passons à l'action. Jeudi et vendredi nous avions suivi de près les commissaires drapeau de nos postes respectifs, et maintenant c'est à nous de jouer. Le matin Sywel est affectée au drapeau jaune, celui juste à avant Ste Dévote, qui signale le moindre incident au premier virage du circuit. Marnie par contre est à la sortie du fameux virage, drapeau jaune ou vert en main selon les besoins.

monaco07-crash-formule-renault.jpg Et il y a du travail ! En effet lors de la première séance de la journée, les essais qualifs des Formules Renault 3.5, pas moins de 4 monoplaces s'échouent dans les pneus. Le parking de Ste Dévote affiche complet !

 

Deuxième séance de la journée : essais libres de Formule 1, et mauvaise surprise : il pleut ! Cette fois-ci nous sommes ensembles à la signalisation, mais les pilotes ne se bousculent pas sur la piste. Quand ils s'y aventurent, c'est en soulevant d'impressionnantes gerbes d'eau (Le saviez-vous ? Des pneus maxi-pluie de F1 peuvent évacuer jusqu'à 150 litres d'eau par seconde !). La piste est glissante et les pilotes prudents : donc peu de travail pour les commissaires.

A midi nous nous séparons pour manger chacune avec nos postes respectifs, et malgrès le temps maussade l'ambiance est au beau fixe.

Au menu de l'après-midi, moment clef du WE, les qualifs de F1 - si importante à Monaco où il est difficile de doubler. Si la séance fut calme pour Sywel au drapeau jaune, elle le fut moins pour Marnie, drapeau bleu à la sortie des stands. Il s'agit d'indiquer au pilote qui sort des stands qu'une voiture déjà en piste est sur le point de le doubler et qu'il doit donc la laisser passer. Il est très impressionnant de voir des pilotes tel que le double champion du monde, Fernando Alonso, se conformer à l'ordre que nous lui intimons.

monaco-vue2.jpg Reste, après tout ça, le gros morceau de la journée, notre première course : celle des GP2. Une fois de plus nous sommes ensemble, Sywel toujours à la difficile tâche du drapeau bleu, et Marnie encore au jaune. Pour Sywel, il s'agit de toujours avoir en mémoire la tête de course pour indiquer à bon escient aux derniers qu'ils vont se faire prendre un tour. Marnie quand à elle doit être constament sur le qui-vive pour signalier au plus vite un incident à Ste Dévote.

A la fin de la course Sywel doit éclipser de son poste car elle participe à la haie d'honneur formée par les commissaires au pied du podium, Marnie par contre salue les pilotes lors du tour de décélération en agitant ses drapeaux.

La journée s'achève, fatiguées mais heureuses, nous rentrons chez nous. Et dire que demain c'est le grand jour, et le dernier déjà !


La suite de l'aventure :
- Dimanche : le grand jour !
Par Marnie et Sywel - Publié dans : Histoires vécues
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Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /Mai /2007 11:01
Monaco jour après jour :

jeudi 24 et vendredi 2 mai : Les deux premiers jour de Sywel commissaire


Déjà deux jours passés au bord de la piste. Malheureusement pour les commissaires ici la chaleur est écrasante, mais le spectacle compense largement la rudesse de la tâche.

 

Mon poste se situe au bout de la ligne de départ, au niveau du freinage, avant le virage de Sainte Dévote. C’est un endroit stratégique au moment du départ des courses durant lesquels les accrochages ne sont pas rares. Il permet aussi d’apprécier la virtuosité des pilotes et la performance des voitures. Un freinage raté ne pardonne pas, en général le pilote bloque ses roues et finit, au mieux dans l’échappatoire de Ste Dévote, au pire dans le mur, le tout dans un nuage de fumée. Les voitures passent très près des rails, c’est impressionnant, c’est exactement pour ça que j’ai voulu devenir commissaire de piste.

 

Au poste, il règne une ambiance de franche camaraderie, on voit que toutes les personnes présentes viennent par plaisir et tant pis si le réveil sonne très (trop) tôt pendant quatre jours.

 

jacky-ickx.jpg Le circuit de Monaco est unique au monde, nulle part ailleurs les spectateurs ne sont aussi proches des voitures, des personnalités du sport auto, du personnel des écuries. C’est ainsi que jeudi, nous avons eu le plaisir de recevoir une courte visite de Jacky Ickx, pilote pour le moins mythique, à notre poste. Quand on vient de passer la journée debout dans la chaleur, rien de tel pour vous remettre du baume au cœur.

La journée de vendredi, ça a été ma fête, et si je l’avais oublié, les commissaires se sont chargés de me le rappeler : le 25 mai c’est la Sainte Sophie. On dit que ce sont des machos mais cette réputation ne tient pas longtemps quand on les côtoie, et partager leur expérience de la course est un vrai plaisir.

A Monaco, contrairement aux autres Grand Prix, la journée du vendredi est assez calme. Les tribunes sont en accès libres pour les spectateurs qui peuvent même visiter les stands, mais pour les commissaires pas de détente au programme, il faut être à son poste et prêt à intervenir. Sur la piste aujourd’hui pas d’accident majeur, mais toujours un spectacle à couper le souffle.


bruno-senna-gp2.jpg

A midi je rejoins ma camarade commissaire de piste Marnie au poste 1, à Sainte Dévote, pour un déjeuner "gastronomique" concocté par les cuistots maison (des commissaires du poste en fait). Pas de doute, c’est la meilleure table de tout le circuit !

L’après-midi je retourne à la "vie civile" et je me promène du côté des stands et du paddock. Quand je vous dis que Monaco est un Grand Prix unique en son genre… En l’espace de deux heures on peut croiser quasiment tous les pilotes, dont Scott Speed, pilote Toro Rosso, tout simplement assis au bord de la route, très aimable et souriant. Ou encore, prendre sa voiture et se faire doubler par les scooters des pilotes McLaren, Fernando Alonso et Lewis Hamilton, possibles vainqueurs de la course de dimanche.

Après tout ça la journée est déjà bien avancée et il est temps pour moi de rentrer. Samedi promet d’être éprouvant, avec la météo qui annonce de l’orage et les voitures qui vont tourner toute la journée. Après ces deux jours sur la piste le sommeil ne va pas être difficile à trouver, mais pour rien au monde je n’échangerais ma place.
Sywel


La suite de l'aventure :

- Samedi : le troisième jour des filles commissaires
- Dimanche : le grand jour !

Par Sywel - Publié dans : Histoires vécues
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 23:08
Monaco jour après jour :

Jeudi 24 mai : premier jour de Marnie à Sainte Dévote (poste 1B)



Après un réveil matinal (nous avions rendez-vous à 6h30), la découverte de nos postes et des installations, nous sommes en place. Il est 8h30, le soleil radieux inonde le premier virage du circuit et le coup d’envoi de la séance d’essais libre de Formule Renault 3.5 est sur le point d’être donné. Le bruit remplit la Principauté et soudain, à mes pieds surgissent les premiers concurrents.


monaco-vue.jpg Je me trouve en bordure de la voie de sortie des stands, passage obligé de toutes les monoplaces.  Il est quasi impossible de décrire le sentiment qui m’envahit. Ca y est, j’y suis ! Je suis commissaire ! 
 
La séance se passe sans incident majeur à notre poste. Une petite pause, le temps de se rafraîchir et place à la F1 pour une 1h30 d’essais libres.



 
L’excitation est croissante, je me prépare… et les voilà !! Le bruit est impressionnant, il remplit la cage thoracique et fait vibrer le sol. Je ne peux me retenir de garder la bouche grande ouverte, “Wahou !“ est le seul mot qui me vient. Pour une passionnée de F1 comme je le suis, être ici est une sorte de rêve… Plus près de la piste c’est dans la voiture !
Mais les surprises ne sont pas finies : à 5 minutes de la fin de la séance, Fisichella crashe sa Renault F1 dans le mur de pneus en face de moi. Mes collègues interviennent : rapidité, efficacité sont les maîtres mots, la piste est dégagée en quelques minutes et la séance peut se finir sans incident majeur.
Petit interlude de repos, qui me permet de photographier la monoplace accidentée, je ne me fais pas prier ! Place maintenant au GP2 pour une petite demi-heure d’essais, c’est sympa mais ça m’emballe moins que la F1… c’est surtout que je ne connais pas vraiment les enjeux de ce championnat.
 
monaco07-crash-hamilton.jpg Une pause déjeuner plus tard et c’est reparti pour la deuxième séance de Formule 1, 1h30 là encore.
Cette fois-ci ça va être mouvementé au poste 1 : petite touchette et un abandon pour Davidson et sa Super Aguri, et gros crash pour Lewis Hamilton – la sensation du moment (et pour longtemps je prends le pari) – qui ampute sa McLaren d’une roue sur le mur de pneus. Là encore deux interventions rapides et la piste est dégagée. Y a pas à dire mais les commissaires de Monaco sont vraiment les meilleurs !
Reste enfin une séance de Porsche Super Cup, de trois quart d’heure, qui va me démontrer l’intérêt de l’échappatoire de Sainte Dévote. En effet nombreux seront les pilotes qui, après un blocage de roue, seront obligés de manœuvrer avant de reprendre la piste.

Cette fois-ci c’est fini, la première journée est terminée. Elle fut très éprouvante – mon poste est en plein soleil – mais très intense : quelle émotion de voir si près ces magnifiques F1 (et je ne parle pas des odeurs – carburants, gommes brûlées)une sorte de rêve.

Vivement la suite… Demain !

Par Marnie - Publié dans : Histoires vécues
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